École d’ingénieur post-bac, mode d’emploi

Les écoles d’ingénieur post-bac sont de plus en plus plébiscitées par les lycéens dans leurs choix d’orientation. Elles permettent d’entrer dès la sortie du lycée dans une école sans passer par la classe préparatoire et proposent des applications plus concrètes dès la première année. Attention cependant : loin d’être une solution de facilité ou « de secours » pour des élèves moins performants, ce sont des établissements sélectifs – à un niveau variable selon les écoles,  vers lesquels il convient de s’orienter avec un projet défini.

 

1. École d’ingénieur post-bac ou post-prépa : quelle différence ?

A la sortie du lycée, deux voies s’offrent à vous pour devenir ingénieur : intégrer une classe préparatoire scientifique (les meilleures d’entre elles sont très sélectives) puis passer les concours après deux ou trois ans d’études, ou intégrer directement une école post-bac. Comment faire son choix entre ces deux voies d’admission ?

Tout d’abord, il est important d’identifier les écoles que vous souhaitez intégrer. En effet, certaines d’entre elles ne recrutent qu’après une classe préparatoire, comme l’École Polytechnique, les Mines ou CentraleSupélec. Cette voie vous donne également accès à toutes les écoles d’ingénieur de France, celles recrutant dès le bac proposant également aux élèves de prépa de les rejoindre directement en « cycle ingénieur », c’est-à-dire à bac +3.

Si la classe préparatoire vous semble trop compétitive ou que vous trouvez cette voie trop généraliste, vous pouvez vous tourner vers les cursus proposés par les écoles d’ingénieur post-bac. Elles sont une centaine à être accessibles dès la sortie du lycée et sont sélectives à l’entrée : après une étude de dossier, vous devrez passer des épreuves écrites et/ou des épreuves orales, que ce soit auprès de l’école que vous visez (comme l’ICAM, qui possède sa propre procédure avec dossier et entretien) ou par l’intermédiaire d’un concours ” commun ” (Avenir, Puissance Alpha, GEIPI-Polytech, Advance).

L’ensemble des écoles a  rejoint la plateforme Parcoursup. C’est donc directement sur cette plateforme qu’il faut se porter candidat.

 

2. La scolarité en école d’ingénieur post-bac

Rejoindre une école d’ingénieur après le baccalauréat vous engage sur cinq ans : deux ans de classe préparatoire intégrée puis trois ans de « cycle ingénieur », pour aboutir à un diplôme de niveau Bac+5.

Les deux premières années, bien que portant le nom de « prépa intégrée », ne sont pas aussi compétitives qu’une classe préparatoire aux Grandes Ecoles. L’admission en cycle ingénieur n’étant conditionnée qu’à une attente de résultats suffisants, la pression est moins importante et les relations entre élèves sont plutôt portées sur l’entraide et la solidarité. La prépa intégrée reste difficile et demande un travail rigoureux, mais a l’avantage d’être plus concrète qu’une classe préparatoire plus « générale » : stages, projets et enseignements spécifiques à l’école (informatique…) rythment les deux premières années et permettent d’entrer directement dans le « vif du sujet».

Ce premier cycle permet également aux élèves de se projeter dès la sortie du bac dans la vie d’école. Ils peuvent par exemple rejoindre des associations, comme en témoigne Charles, étudiant à l’ECE.

« … il existe de nombreuses associations où on peut faire du sport, défendre des causes comme l’écologie ».

Après validation des deux premières années, les étudiants entrent en « cycle ingénieur ». Selon les écoles, l’orientation vers votre secteur de prédilection peut se faire directement à l’entrée ou durant la dernière année du cursus. Vous pouvez intégrer une école « généraliste » et choisir une spécialité au cours de votre formation ou, à l’inverse, choisir une école directement spécialisée dans un secteur défini, comme l’IPSA qui propose des formations centrées sur l’aéronautique et le spatial.

Les cinq ans d’école s’achèvent sur un stage de fin d’étude en entreprise.

 

3. Quels débouchés ?

Le taux de chômage des ingénieurs (3,5%) est plus de deux fois inférieur à celui de l’ensemble des actifs. Les écoles affichent également d’excellents taux d’insertion professionnelle, supérieurs à 90%. Selon une étude de l’ESIEE menée auprès de ses étudiants diplômés, 89% d’entre eux ont signé un contrat avant la fin de leur formation, 6% moins de deux mois après l’obtention de leur diplôme et 5% entre deux et quatre mois après la fin de leurs études.

Avec un titre d’ingénieur, il est possible d’exercer un grand nombre de métiers. Près d’un diplômé sur deux travaille en recherche, étude et développement : selon le secteur et le poste, cela inclut la conception de solutions innovantes mais également la réalisation d’essais et de prototypes. D’autres préfèrent s’orienter vers le conseil (au sein d’un bureau d’études, d’un cabinet de conseil…), ou encore vers la production.

Selon la majeure que vous choisirez, vous pourrez exercer différentes professions. Quelques exemples ? Chef de projet produits connectés, data scientist, ingénieur en risques industriels, ingénieur aéronautique, chef de projet système d’information santé, ingénieur Smart City et applications IoT, ingénieur en imagerie spatiale…

Les étudiants ayant obtenu un double diplôme avec une école de commerce se destinent le plus souvent à des postes de management ou créent leur propre entreprise, parfois même avant d’obtenir leur diplôme grâce à un dispositif d’accompagnement proposé par leurs écoles. Ingénieur commercial, chargé d’affaires, ingénieur avant-vente… ne sont que quelques exemples des métiers possibles après un tel parcours.

Enfin, pour les élèves qui souhaitent continuer leurs études et qui sont davantage intéressés par la recherche, il est possible de poursuivre en doctorat.

 

4. Les concours d’accès aux écoles d’ingénieur post-bac

Une grande partie des écoles d’ingénieur post-bac recrute au moyen de concours communs, tels qu’Avenir (ELSIV, ECE, ESTACA…), Puissance Alpha (EFREI Paris, ESIEE, ESIEA…), GEIPI-Polytech (toutes les écoles du réseau Polytech, ISAT Nevers…) ou Advance (EPITA, ESME Sudria, IPSA, Sup’Biotech).

Certains d’entre eux requièrent de passer des épreuves écrites, portant sur le programme de Terminale. Leur format est différent des évaluations dont les lycéens ont l’habitude (QCM…) ; il est donc essentiel de s’y préparer sérieusement, afin d’obtenir le meilleur classement possible et se donner toutes les chances d’intégrer l’école visée.

Nous publierons prochainement un article détaillant ces concours d’accès : restez connectés !

Besoin de conseils ? Ipesup vous propose des réunions d’information spécifiques à ces écoles, pour vous aider à vous orienter vers celle qui vous correspond.