Le Master journalisme et médias numériques de Metz, 16ème cursus reconnu par la profession

Le master Journalisme et médias numériques de l’Université de Lorraine, basé à Metz, vient de rejoindre le cercle très fermé des formations en journalisme reconnues par la profession, devenant ainsi le seizième cursus labellisé en France. Un événement d’autant plus remarquable que cette reconnaissance intervient seulement dix mois après celle accordée à l’École de journalisme de Gennevilliers en décembre 2025, qui avait elle-même mis fin à une période de douze années sans nouvelle labellisation. Le master messin, créé en 2007, s’est imposé progressivement comme une formation de référence dans le Grand Est, proposant un parcours complet en journalisme plurimédia à des étudiants désireux d’embrasser la profession.

 

Une reconnaissance de la CPNEJ, saluée par les syndicats

La reconnaissance est délivrée par la Commission paritaire nationale de l’emploi des journalistes (CPNEJ), instance paritaire qui réunit syndicats de journalistes et fédérations d’employeurs, puis est réévaluée régulièrement (tous les quatre ans environ, ce qui garantit à la fois la continuité de l’enseignement et sa qualité). La décision a été actée le 6 janvier 2026. C’est une évaluation sur huit critères stricts qu’effectue la commission : ancienneté du cursus, existence d’un conseil pédagogique paritaire associant la profession, diversité du recrutement, compétences enseignées, moyens techniques et pédagogiques, qualité de l’encadrement, et enfin l’organisation des stages et l’insertion professionnelle des anciens élèves. Une formation ne peut déposer sa candidature qu’après avoir diplômé au moins deux promotions d’étudiants et démontré leur insertion sur le marché du travail.

On rappellera à cet égard que si de nombreuses formations privées au journalisme accessibles dès le Baccalauréat ont essaimé en France ces dernières années, les meilleures formations de journalisme ne recrutent leurs étudiants qu’au niveau Master (à l’exception notable de l’entrée au Collège universitaire de Sciences Po)… ne tombez donc pas dans le piège de ces écoles privées non reconnues par la profession que l’on trouve facilement sur les salons ou sur internet. Se préparer comme il se doit aux formations de journalisme, c’est bien se donner un objectif clair : se préparer à intégrer une des formations reconnues par la profession elle-même.

La labellisation pourrait paraître corporatiste ; mais elle illustre bien le débat actuel sur la labellisation des médias : c’est une labellisation collégiale, professionnelle et journalistique ; certainement pas une labellisation étatique. Elle ouvre des avantages concrets aux diplômés : elle réduit de moitié la durée du stage requis pour accéder au statut de journaliste titulaire, mais surtout, à une époque où les stages sont de plus en plus importants pour trouver un emploi, elle facilite grandement leur insertion dans les rédactions. C’est d’autant plus vrai qu’au-delà du naturel esprit de corps, parfois constaté dans les cercles feutrés du journalisme, les journalistes restent, par définition parmi les mieux informés sur l’actualité. Avec cette reconnaissance, gage de sérieux et de qualité, le master messin rejoint des établissements renommés comme le CELSA, l’IPJ, le CUEJ, l’École de journalisme de Sciences Po ou encore… la nouvellement reconnue École de journalisme de Gennevilliers.

Dans un communiqué, la CFDT écrit ces mots : “à l’heure où certaines formations en journalisme s’écartent de leur mission en formant à la défense d’un projet idéologique et politique d’extrême droite et non aux fondamentaux de la profession, que la Commission d’enquête sur l’audiovisuel public s’est elle aussi écartée de ses missions en prêtant de fausses intentions aux écoles de journalisme, nous redisons avec force notre soutien à toutes les formations jouant, elles, pleinement leur rôle : – placer le professionnalisme et l’éthique journalistique comme principes déontologiques, – vouloir accueillir des étudiants aux profils divers, en vue d’être en prise avec les citoyens – faire réfléchir les étudiants sur le rôle des journalistes et la place de l’information dans notre société“. On perçoit à travers ces lignes un hiatus de plus en plus fort entre deux formes de journalisme qui s’affrontent dans l’espace public. D’un côté, un journalisme d’opinion de droite ou d’extrême droite, financé par de grandes fortunes (M. Bolloré), qui entend rendre la parole au peuple (Pascal Praud) et jette un regard critique, pour ne pas dire le discrédit, sur l’audiovisuel public. Ce dernier ne serait qu’un repaire du militantisme le plus effréné (du centre-gauche ou de la gauche), lui-même nourri par la formation des Écoles de journalisme : c’est la thèse du rapporteur de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’audiovisuel public, faisant suite à la polémique Legrand-Cohen. De l’autre, une école du journalisme saluée comme plus académique, plus classique (on n’ose pas dire “neutre”), entend elle insister sur la valeur professionnelle du journaliste, à travers la qualité de sa formation initiale et indépendamment des questions d’opinion. Fox News contre CNN, CNews contre France 2 ; Le Journal du dimanche contre Le Parisien ? Quoi qu’il en soit, il est certain qu’une formation de qualité au métier de journaliste, à ses méthodes, à ses supports, permet aux étudiants d’acquérir des compétences et des connaissances qui seront utiles quels que soient les médias dans lesquels ils évolueront demain.

 

Une formation plurimédia ancrée à Metz, avec une forte dimension numérique

Le master Journalisme et médias numériques de Metz entend axer sa pédagogie sur la polyvalence, les étudiants y sont donc formés aux techniques journalistiques sur tous les supports : presse écrite, radio, télévision et web. La formation, qui propose également des enseignements théoriques sur les médias et l’information, s’appuie sur des équipements professionnels et un réseau dense de partenaires médias dans la région Grand Est (que l’on songe notamment à l’importance de la presse quotidienne régionale : France 3 Grand Est, L’Est Républicain, Le Républicain lorrain…) Les stages en rédaction constituent un pilier central du cursus, permettant aux futurs journalistes de confronter leurs acquis au terrain et de se constituer un réseau professionnel indispensable à leur insertion.

Basé au sein de l’Université de Lorraine, le master bénéficie de l’environnement universitaire tout en maintenant des liens étroits avec le monde professionnel. Un conseil de perfectionnement réunit régulièrement enseignants, professionnels des médias et représentants des étudiants pour adapter la formation aux évolutions du métier.

La première année de Master pose les bases du métier de journaliste avec une forte dimension pratique. Le “semestre 7” (1er semestre de M1, qui est aussi le 7ème semestre d’études supérieures pour les étudiants issus d’un parcours de Licence 3) développe les compétences dites “essentielles” : genres journalistiques, formats courts, écriture d’agence, déontologie et éthique. L’accent est mis sur les écritures audiovisuelles avec des modules en reportage vidéo et radio, photojournalisme et formats multimédia. Une initiation aux outils numériques et au code pour le web complète cette formation technique. Le volet sciences sociales aborde quant à lui à la fois l’histoire des médias, les enjeux du numérique et la méthodologie de recherche propre au journalisme d’aujourd’hui. Des mises en situation (de type conférences de rédaction, gestion de projet, réseaux sociaux) préparent à la réalité professionnelle d’un métier qui a énormément évolué en dix ans. Comme dans les préparations d’Ipesup, l’anglais est intégré au cursus avec un module spécifique sur les audiences et l’influence médiatique. Le semestre 8 du Master journalisme de Metz approfondit les compétences numériques, comme l’illustre le nom du Master “Journalisme et médias numériques”: recherche et veille d’informations en ligne, méthodes d’enquête numérique, sécurité des données et droit de la presse. Les productions multimédia se développent avec l’infographie, le webdesign et des reportages audiovisuels avancés. Pour finir, un stage professionnel obligatoire permet une première (ou une nouvelle, pour les étudiants ayant déjà fait des stages !) immersion en rédaction.

L’année de Master 2 privilégie l’innovation et la spécialisation. Le “semestre 9” (1er semestre de Master 2) explore les “narrations multimédia modernes” : l’étudiant y étudiera le journalisme de terrain, les supports mobiles, les nouvelles narrations numériques et le  narrative design. Le datajournalisme occupe une place centrale avec des modules sur le rapport aux sources, la data literacy et un atelier pratique. Le volet recherche se renforce avec une approche critique des pratiques journalistiques. Une UE de spécialisations journalistiques permet aux étudiants de se spécialiser dans un domaine particulier. Le semestre 10 finalise la professionnalisation avec des enseignements sur la socioéconomie des médias, les usages de l’information et les stratégies en ligne des marques, des entreprises, ou encore des médias eux-mêmes. Les formats avancés sont privilégiés : documentaire sonore, infographies interactives, formats audiovisuels complexes. Un stage professionnel long et une production multimédia finale clôturent le parcours.

 

Préparer l’admission au Master Journalisme de Metz avec la prépa journalisme d’IPESUP

Comme dans toutes les autres formations de journalisme reconnues par la profession, on ne peut candidater au master de Metz qu’en étant titulaire ou en cours d’obtention d’un diplôme de niveau Licence 3. La sélection, qui s’effectue via la plateforme nationale Mon Master, repose sur l’examen du “dossier de candidature avec exigences spécifiques” et la qualité du parcours académique des candidats. Les candidats admissibles sont invités à défendre leur candidature lors d’un entretien oral.

Cette seizième reconnaissance confirme la vitalité et la diversité des formations au journalisme en France, tout en rappelant l’exigence de qualité attendue par la profession.

Pour vous préparer à intégrer ce Master, ainsi que les meilleures Écoles de journalisme françaises, découvrez la préparation d’IPESUP aux Écoles de journalisme qui se fonde précisément sur la préparation des dossiers, des oraux, la connaissance approfondie de l’actualité et des médias et la pratique de l’anglais.

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