Programme 2022-2023
de Lettre et Philosophie

Cycle de stages Prépa HEC

Depuis quelques années, nous constatons à l’occasion des stages intensifs de préparation à l’épreuve de Lettres et Philosophie des concours commerciaux une forte demande de la part de nos stagiaires : acquérir des connaissances, c’est une chose, mais qu’en faire ensuite ? Comment analyser les termes d’un sujet ? Comment en cerner les enjeux ? Qu’est-ce qu’une problématique ? Quel plan choisir ? Quels rôles jouent l’introduction et la conclusion ? Comment formule-t-on un paragraphe argumentatif ?

Bref, les préparationnaires sont généralement à la recherche de méthodes.

A tous ceux, Première année comme Deuxième année, que décourage la répétition de notes insuffisantes, qui finissent par imputer l’échec à ces épreuves à une sorte de fatalité, ceux qui ont le sentiment de ne pas comprendre comment faire parce que bien souvent – il faut bien le dire – on n’a jamais pris le temps de leur apprendre à mieux faire, à tous ceux-là, nous proposons désormais un module de formation intensive à la méthode de la dissertation.

    Programme du stage de pré-rentrée

    Lettre et philosophie – Première année

    Le stage a essentiellement trois objectifs :

    Premièrement, rappeler les normes des épreuves de « Lettres et Philosophie » et ce qu’attendent, explicitement ou implicitement, les jurys de dissertation des différentes écoles. Il s’agit alors de proposer, sur trois séances, une méthodologie formelle de la dissertation, mais aussi d’apprendre à problématiser une question, ce qui n’est pas toujours maîtrisé au sortir de l’année de Terminale. Le sujet qui sera proposé comme exemple du travail de problématisation sera cette année : « L’idée de culture ». Quoi de mieux pour préparer son année de « Lettres et Philosophie » que de réfléchir sur ce qu’est précisément la culture humaine ?

    Secondement, il s’agit aussi de combler de possibles (grosses) lacunes en « Lettres et Philosophie ». C’est pourquoi nous vous proposons également  de problématiser deux autres sujets  sur quatre séances : « Qu’est-ce que l’humanisme ? »  et « Se souvenir de l’essentiel ». Nous y voyons le double bénéfice d’apprendre encore et toujours à problématiser (ce qui est l’essentiel) et d’approfondir notre première « idée de culture » (à travers évidemment la culture « humaniste » de la Renaissance mais en travaillant aussi la tension revendiquée, quoique toujours à repenser,  vers la Raison et l’Universel qu’implique  en général la philosophie, depuis les Grecs jusqu’à Sartre).

    Enfin, nous proposerons un exemple rapide, sur une séance, de traitement de sujet de type « oral » en vue de vous rassurer sur vos prochaines « khôlles » (toujours très angoissantes lorsqu’on ne sait pas très bien de quoi il retourne) : « Hermès », le dieu grec de la culture mais aussi des voyages, nous guidera dans cette première approche de la mythologie.

    Quatre exemples de sujet (« l’idée de culture », « l’humanisme », « Qu’est-ce qu’une fausse science » et « Hermès ») pour avant tout cerner concrètement la méthodologie et les attentes des épreuves écrites et orales.

     

    Lettre et philosophie – Seconde année

    THÈME DE L’ANNÉE : « LE MONDE »

    Le stage a essentiellement trois objectifs  :

    Premièrement, rappeler les normes des épreuves de Lettres et Philosophie et ce qu’attendent, explicitement ou implicitement,  les jurys de dissertation des différentes écoles. Il s’agit alors de proposer, sur trois séances, une méthodologie formelle de la dissertation, mais aussi d’apprendre à problématiser une question.

    Le sujet qui sera proposé comme exemple du « travail de problématisation » sera cette année : «L’idée de monde » Quoi de mieux pour préparer son année de « Lettres et Philosophie » sur « Le Monde » que de réfléchir sur « la conception du monde »  ou la « représentation » (Weltanschauung ) que nous en formons, son « idée régulatrice » (ce vers quoi nous cherchons à tendre, la systématisation à l’horizon de nos perceptions et de nos vécus) ou son « idée constitutive » (à quoi, selon quels critères, nous reconnaissons qu’un monde est un monde?). Kant distinguait ainsi « l’idée régulatrice » qui permet de s’orienter vers quelque chose que nous ne possédons ni ne connaissons encore que de manière obscure, de « l’idée constitutive », qui décrit distinctement ce dont on parle. A ce titre, le monde n’est pas seulement une « totalité totalisée » (un Holos, pour parler grec) sous notre regard comme un objet ou un système d’objets et de ressources à penser et à utiliser, mais surtout la « totalité intotalisable » (un Pan) dans laquelle nous ne cessons de vivre. Nous ne sommes pas simplement devant le monde par notre pensée, scientifique ou philosophique, mais dans le monde, qui de toute part nous déborde et que nous sommes incapables d’embrasser. Comme le dit Shakespeare dans Hamlet  : « Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre, Horatio, que n’en rêve votre philosophie ».

    Mais, secondement, il s’agira d’approfondir ce travail de problématisation sur cinq séances en travaillant deux autres sujets, un sujet plutôt « classique » et un sujet plutôt « délicat ». Le premier sujet, « refaire le monde ?», invite à débrouiller les différents sens du mot « monde » : « monde humain » de la fraternité, « monde culturel » d’une civilisation, « monde physique » de l’univers offert à notre curiosité ou bien, enfin, « monde naturel » à préserver par une écologie réfléchie. Le problème n’est d’ailleurs pas de « refaire un monde » que nous n’avons tout simplement pas « fait », mais d’empêcher, comme le disait superbement Camus dans son Discours de Suède, qu’il ne se défasse :  « Chaque génération, sans doute, se croit vouée à   refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle   ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde ne se défasse ».

     

    Le second, « monde intelligible ou monde sensible ? », sera l’occasion de rappeler combien, d’une part, le monde pensé par la science et, d’autre part,  le monde vécu et perçu dans nos existences finies  sont en interaction complexe. Le monde intelligible est-il le sens vrai du monde sensible, ou sa trahison, son « contre-sens » pour ainsi dire ? Comment penser le rapport -la metexis ou le « mélange » pour citer Platon- entre l’univers du sens et l’univers des sens ? Nous verrons qu’il s’agit depuis le début de la science grecque de « sauver les apparences » (sozein ta phainomena) non pas simplement en donnant la raison et la loi des phénomènes célestes, des faits observés comme le mouvement des étoiles,  mais en préservant l’apparition ou le surgissement même des choses « aux racines de l’être » (Cézanne), au-delà d’une compréhension toujours schématique et provisoire.  Comme le dit dans un célèbre texte  Merleau-Ponty dans L’Oeil et l’esprit :

    « La science manipule les choses et renonce à les habiter. Elle s’en donne des modèles internes et, opérant sur ces indices ou variables les transformations permises par leur définition, ne se confronte que de loin en loin avec le monde actuel (…) (nous soulignons) Il faut que la pensée de science – pensée de survol, pensée de l’objet en général – se replace dans un « il y a  » préalable, dans le site, sur le sol du monde sensible et du monde ouvré tels qu’ils sont dans notre vie (nous soulignons), pour notre corps (…). « 

    Mais ce sujet sera aussi l’occasion de travailler les sujets posés sous forme de disjonction inclusive ou exclusive (le « ou » de « et/ou ») et le « ou » de « ou bien »).

    Enfin, un excursus dans la cartographie et l’histoire de l’art… Sait-on que c’est avec Imago mundi (Image du monde), un plan faux de Pierre d’Ailly, théologien du 14eme siècle, que Colomb est parti découvrir le Nouveau Monde en croyant faire le tour de l’ancien ? Pierre d’Ailly était persuadé que les Grecs, qui savaient bien que la terre était ronde, s’étaient trompés dans leur calcul et que le globe terraqué était donc plus petit qu’on ne l’avait imaginé dans l’Antiquité. Les Grecs avaient bien sûr raison et Pierre d’Ailly avait tort, mais cette erreur de calcul, qui rendait possible sur le papier la tentative de Colomb de faire le tour de la terre sans mourir de faim ni de soif en plein milieu de l’Atlantique, fut la « bourde » scientifique sans doute la plus féconde de l’histoire humaine… Sait-on aussi que les peintres ont mathématisé l’espace visible avec l’invention de la perspective deux siècles avant que les savants  ne fassent la même chose pour l’espace physique, ou « réel» ? Michel-Ange, ancien membre de l’Académie de Florence, c’est 1500… Galilée, lui aussi ancien de la même école, c’est 1600… Comment l’art a-t-il pu changer notre vision du monde, notre Weltanschauung et donc notre science ?  C’est à poser ce problème que s’est attaché le grand livre de Cassirer Individu et Cosmos, dont nous proposerons une lecture (une fiche de lecture, si l’on veut, mais développée et étoffée…). Imago mundi : l’image du monde est donnée non seulement par les cartographes mais aussi par les peintres, et cela change de fond en comble le monde où nous vivons et que nous pensons.

    Quatre exemples de sujets qui présentent entre eux de puissants liens logiques   («l’idée de monde», « refaire le monde ? »,  « monde intelligible ou monde sensible ?», et « Imago mundi ») pour avant tout cerner concrètement la méthodologie et les attentes des épreuves écrites.

      Programme du stage de Noël

      Le programme intensif de Lettres et Philosophie, destiné aux élèves de Première comme de Deuxième année (le thème de l’année ne sera pas abordé), se focalise sur la méthodologie de la dissertation. Son format allie théorie et pratique :

      • Le matin, les préparationnaires suivent un exposé rappelant la méthodede façon théorique.
      • L’après-midi, ils mettent en pratique la méthodeà travers :
        • Un exercice de dissertation réalisé avec le professeur ;
        • Un exercice de dissertation réalisé en autonomie en présence du professeur, rendu corrigé le lendemain.
      • Avant le cours de l’après-midi, le professeur est présent pour répondre de façon informelle aux éventuelles questions qui ont pu naître du cours du matin.
      • Chaque matin, l’exercice de la veille est rendu corrigé et le professeur « traite » cet exercice en partant de la lecture de trois ou quatre travaux réussis.
      • Le premier jour, pour plus de cohérence, l’après-midi est exceptionnellement « théorique », il n’y a pas de pratique mais un exercice à faire pour le lendemain.

        Programme du stage d’hiver

        1. Méthodologie de la dissertation

        En février, le programme de Lettres et Philosophie se décompose en 2h30 quotidiennes de cours pendant six jours. Chaque jour est consacré au traitement d’un problème spécifique :

         

        1. Analyser un énoncé, formuler une problématique ;
        2. Construire un plan ;
        3. Rédiger une introduction et une conclusion ;
        4. Construire et rédiger un paragraphe ;
        5. Gagner en qualité d’expression (orthographe, précision de la langue, élégance du style) ;
        6. Répondre aux difficultés individuelles, cas par cas.
        • Chaque séance est rythmée par des exercices et des exemples concrets, pratiques, destinés à « débloquer » les problèmes des stagiaires.
        • Travailler autrement, plus efficacement, plus près des préoccupations des uns et des autres ;
        • Ajuster notre savoir-faire aux difficultés de chaque stagiaire ;
        • Rompre avec ces pratiques stériles qui consistent à « gaver » les étudiants d’information sans prendre le temps de leur montrer comment les intégrer à une réflexion personnelle.

        Telles sont les trois principales ambitions de ce stage.

         

        1. Thème de l’année

        Thème 2022-2023 : LE MONDE

        Principal stage de Lettres et Philosophie consacré au thème de 2ème année après la rentrée, il constitue LE « temps fort » de la préparation dans cette discipline. Il s’agit du stage « commando », pour ceux qui veulent à la fois approfondir et préciser les connaissances qu’ils ont déjà, mais aussi pour ceux qui veulent s’en sortir et « limiter la casse ». Ces deux finalités n’ont rien de contradictoire : même les meilleurs doivent obéir aux exigences des jurys, pour ne pas avoir de mauvaises surprises, et c’est en suivant ces mêmes exigences que les moins performants peuvent espérer beaucoup mieux.

        Nous vous proposons cinq sujets très différents, du très « classique » (qu’il faut savoir traiter de manière originale !), aux sujets un peu baroques dans leur formulation, « type HEC », qui permettent de prendre du recul sur le thème de l’année.

        Un moment idéal pour réfléchir, préciser, avancer, mettre en perspective les connaissances déjà capitalisées ou les compléter de manière rapide et efficace.

          Programme du stage de Pâques

          1. Synthèse des connaissances acquises et perfectionnement de la méthode

          A cette époque de l’année, une grande partie du programme de première année a été vue. Il devient nécessaire de faire la synthèse des connaissances acquises et de perfectionner les méthodes de la dissertation.

          Pour cela, le stage « 1ère année » se propose de reprendre le programme de façon transversale, en centrant sur les grandes notions (la technique, l’État, la conscience, etc) que l’étudiant doit maîtriser. A chaque notion est associé un type de sujet, une méthode de travail.

          Une excellente maîtrise de ces notions-clé de première année est rigoureusement indispensable pour réussir ; les sujets posés régulièrement à HEC (notamment) en témoignent. 

           

          1. 5 à 10 sujets de synthèse avant le concours

          A un mois du concours, il est temps de faire le point, de rappeler évidemment les enjeux essentiels et les attentes des correcteurs (problématisation, « accroche » de devoir, introduction/ conclusion, et surtout le bon usage de toutes les références vues pendant l’année et leur mobilisation pertinente, ce qui inquiète bien souvent les candidats : philosophie ou littérature ? Combien d’exemples, et lesquels ?).

          C’est aussi l’occasion de traiter des sujets variés dans leur esprit : un sujet central, « classique », « probable », qui récapitule ce qu’il faut absolument savoir et maîtriser ; un sujet plus inattendu, mais « possible », qui cerne les enjeux bien réels (juridiques ou politiques par exemple) qui ont pu être, par manque de temps, trop vite traités par les enseignants. Enfin, c’est l’opportunité ultime, mais décisive, de proposer de multiples problématisations, qui rappellent en acte, concrètement, ce que signifie prendre un sujet, l’analyser, éviter les pièges et le transformer de « chose dangereuse et énigmatique » en « machine » qui nous aide à penser et à produire intelligemment du sens.

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