Quel a été ton parcours de lycéen ?

J’ai étudié au Lycée Condorcet (Paris) de la seconde à la terminale, et j’ai obtenu un baccalauréat scientifique spécialité physique-chimie. Pour autant, je ne suis pas devenu physicien.

 

Pourquoi t’es-tu orienté vers une classe préparatoire aux Grandes Ecoles de Commerce et pourquoi avoir choisi celle d’Ipesup ?

Comme beaucoup de mes camarades, je ne savais pas quoi faire plus tard, et je me disais que c’était un choix beaucoup trop difficile à faire compte tenu de mon âge. J’ai d’abord pensé devenir paléontologue, puis entomologiste (scientifique qui étudie les insectes), puis réalisateur de films (d’ailleurs, à Sciences Po, j’ai tenté de faire croire que je voulais devenir producteur, pour augmenter mes chances de réussite : ça n’a pas marché). En classe préparatoire, je me suis découvert une passion pour la littérature et la philosophie, ce qui m’a donné envie de devenir professeur… Les passions changent trop vite (ou plutôt, leur nombre augmente trop vite) pour que l’on puisse avoir une idée fixe du métier de nos rêves.

En terminale, je me suis retrouvé sans aucune idée certaine. Comme j’appréciais les matières littéraires, mais que je ne voulais pas abandonner les mathématiques pour autant, j’ai d’abord voulu me tourner vers une prépa B/L. Mais j’ai oublié de m’inscrire sur APB.

C’est donc malheureusement « par défaut » que j’ai choisi de m’orienter vers une classe préparatoire aux Grandes Ecoles de Commerce, bien que je ne regrette absolument pas ce choix aujourd’hui.

Si j’ai choisi la prépa Ipesup, c’est d’abord parce que les autres prépas publiques avaient clôturé les inscriptions. Bien sûr, la prépa Ipesup présente d’indéniables qualités (les meilleurs professeurs, d’excellents résultats aux parisiennes) qui la distinguait des autres prépas privées sous contrat, d’où mon choix.

 

A quels cours assistes-tu à HEC ?

Actuellement, j’ai trois matières obligatoires (finance d’entreprise, stratégie, droit des sociétés) ainsi qu’un cours électif (initiation aux principes de data science). Il y a aussi des cours de langue, mais ils ne requièrent absolument aucun travail ; plus généralement, on travaille beaucoup moins qu’en prépa (du moins en première année).

En première année, j’ai assisté à des cours de comptabilité, microéconomie, macroéconomie, statistiques, finance des marchés, droit des contrats… Les élèves peuvent choisir parmi un grand nombre d’électifs (entrepreneuriat, sport, formation au business plan, prévention des risques, littérature…). De plus, toujours en première année, on nous offre la possibilité de suivre les enseignements d’une licence universitaire dans de nombreuses disciplines comme le droit (Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines), les mathématiques (Paris I, Paris Sud), ou encore les sciences cognitives (ENS Ulm) ; mon choix s’est porté sur ces dernières, ce qui fait que je passais à peu près le même nombre d’heures à l’ENS qu’en cours à HEC.

 

Participes-tu à la vie associative de ton école ?

Non ! Je ne suis sans doute pas un modèle sur ce point. Je préfère continuer à exercer mes passions tout seul ou en dehors du campus. À cela s’ajoute le fait qu’un projet d’entreprise, sur lequel je travaille depuis huit mois avec deux amis de classe préparatoire, me demande beaucoup de travail.

Peut-être que ça ne concerne que moi, mais je trouve que la plupart des associations ne sont en définitive pas si intéressantes que ça. Je ne pense pas être le seul à avoir ressenti de la déception. Mais la plupart des étudiants en sont très satisfaits ! Il y a énormément d’associations, et certaines proposent des activités originales et/ou engagées. Et puis, quand on n’a pas d’amis sur le campus, c’est un excellent moyen de faire connaissance avec un groupe de personnes liées par un intérêt commun.

 

Ton cursus prévoie-t-il des stages ou des séjours à l’étranger ?

Oui, bien sûr. Pour obtenir le diplôme en fin de cursus, il faut obligatoirement avoir validé 40 semaines de stages et six mois à l’étranger.

 

Quel est ton cours préféré ?

Si globalement je trouve que les cours dispensés sont moins intéressants qu’en classe préparatoire, certaines matières, sur lesquelles j’avais des a priori négatifs, m’ont agréablement surprises. Je pense notamment à la finance d’entreprise et aux statistiques, qui proposent selon moi un contenu beaucoup plus riche et utile que d’autres matières.

A l’inverse, j’ai du mal avec le droit et ses différentes ramifications (droit des contrats, droit des sociétés, droit entrepreneurial…)

 

Quelles sont à tes yeux les principales qualités de ton école ?

Je ne vais pas vous mentir en louant les associations ou les matières enseignées. D’autres le feront à ma place avec bien plus de conviction. Selon moi, la principale qualité de l’école, c’est le campus en lui-même, avec ses infrastructures sportives, son lac, son immense parc (on peut observer des animaux à la nuit tombée, et cueillir des champignons pour ceux que ça intéresse…)

La seconde qualité de l’école – que je n’ai sans doute pas besoin de vous rappeler – est son rayonnement international, qui offre aux étudiants la possibilité de choisir parmi un vaste éventail de cursus et de doubles diplômes, et ce dans des domaines très différents. À titre personnel, je souhaite postuler au double diplôme HEC-ENS en sciences cognitives.

J’ai dit « seconde », j’aurais dû dire « deuxième », car une troisième qualité me vient à l’esprit : les stages de pré-rentrée en L3 (première année) dans le cadre du programme « Sens et Leadership ». Rien que la traversée de la baie du Mont-Saint-Michel vaut le voyage, et la rédaction d’un mémoire de recherche sur un sujet de notre choix est une expérience nouvelle, très enrichissante si on la prend au sérieux. C’est un point très positif qu’une vieille école comme HEC cherche à se moderniser en proposant de nouvelles activités, et en réinventant sa pédagogie.

Le campus d’HEC

 

As-tu une anecdote à nous raconter sur ta vie en école ?

Je profite de cette question pour donner un conseil à tous ceux qui, comme moi, seraient allergiques aux mails, et à l’organisation en général. Après le confinement, le campus est resté fermé jusqu’en septembre. Les partiels de fin d’année (en présentiel) avaient par conséquent été annulés, et les élèves devaient les passer en ligne via des plateformes dédiées. Seulement, il fallait accepter les conditions d’utilisation de ces plateformes pour y participer, ce que je n’ai pas fait. J’ai donc été convié aux rattrapages du mois d’août. Mais, une fois de plus, j’ai oublié de regarder mes mails. J’ai donc été convié aux rattrapages d’Octobre. Quelle est la morale de cette histoire ?  Vérifiez votre boîte mail. VERIFIEZ. VOTRE. BOITE. MAIL. Même si c’est une souffrance.

 

Quel(s) souvenir(s) gardes-tu de tes années de classe préparatoire ?

En toute honnêteté, et je sais que mon point de vue est peu partagé, c’était génial. Bien sûr, j’étais content que ça s’arrête. J’ai beaucoup de bons souvenirs de ma classe préparatoire ; avec le temps, même les mauvais deviennent bons. La fatigue du métro, la traditionnelle crêpe Nutella de la rue Mouffetard à la sortie des cours, la digestion pendant les cours de maths, la digestion du cours de maths à la BSG (Bibliothèque Sainte Geneviève), le léger stress (voire la grosse angoisse) avant les khôlles de CG en première année, les soirées (d’autant plus mémorables qu’elles sont rares…)

Je me souviens particulièrement bien du mois de révision avant le concours. On peut vraiment faire toute la différence sur ce dernier mois.

 

Quel a été le professeur qui t’a le plus marqué ?

En première année, mes deux professeurs de culture générale, Mme Pellegrin et M. Bachofen, pour une raison très simple : sans eux, je n’aurais jamais progressé en culture générale, car ils m’ont fait comprendre qu’une bonne copie, et pas seulement en culture générale, ce n’est pas une copie scolaire bourrée de références rares et savantes, mais une copie qu’on a pris plaisir à écrire (sans rire), une copie personnelle dans laquelle prime le raisonnement, le style personnel et l’analyse des enjeux du sujet. Si je peux donner un conseil aux (futurs) préparationnaires, c’est de ne pas hésiter à faire de longues introductions : étudiez chaque terme individuellement, puis les liens qui les unissent, cherchez des idées amusantes, autorisez-vous des divagations qui vous permettront d’aboutir à quelque chose d’original, tout en soignant votre expression…

En deuxième année, j’aurais du mal à choisir entre mon professeur de culture générale (encore), M. Cervellon (pour des raisons semblables à celles que j’énonçais plus haut), et mon professeur d’allemand, M. Cailleux, dont la culture (linguistique, mathématique et historique), l’humour cinglant et la voix apaisante en font un personnage incroyable. Je ne veux pas avoir l’air de jeter des fleurs, je déteste ça, mais c’est assez incroyable.

 

Le célèbre professeur de Culture générale Christophe Cervellon se prêtant à l’exercice de la khôlle inversée

 

Quelles sont les méthodes qui t’ont particulièrement été utiles pendant les concours ? Quels conseils donnerais-tu aux préparationnaires qui passent le concours cette année ? 

En prépa, si vous maîtrisez parfaitement les méthodes, vous avez gagné. Le mieux à faire, c’est de télécharger les meilleures copies sur internet (surtout en CG, en Géopolitique et en ESH), et de les prendre pour modèle ; c’est quand j’ai commencé à travailler la méthode de cette façon (pendant le mois de révision) que je me suis considérablement amélioré en économie.

En ce qui concerne les conseils, je vais essayer d’aller à l’essentiel. Déjà, apprenez à connaître votre fonctionnement (capacités de concentration, type de mémoire, moyens de décompression…) afin de personnaliser vos méthodes de travail et de savoir quand il est judicieux de s’arrêter. Aussi, plutôt que d’ingurgiter les références par milliers en étant convaincu que ça impressionnera le correcteur, cherchez à prendre du recul sur le sujet et réfléchissez. Par exemple, en culture générale, n’hésitez pas à mentionner votre film préféré si vous savez en parler avec suffisamment de passion.

 

Quels sont tes projets ?

Actuellement, je créé une entreprise (« DeepSelf ») avec deux amis de classe préparatoire (dont Thomas Beuchot, que vous avez interviewé il y a quelques semaines). C’est une plateforme RH intelligente visant à identifier et à lever les freins à l’engagement des collaborateurs en entreprise, et à accompagner les entreprises vers de nouveaux modèles plus soutenables. Nous nous fixons de nombreux objectifs : favoriser la prise d’initiative, réduire le burn-out, prendre en compte la personnalité du collaborateur, améliorer la communication entre les départements… Pour cela, nous nous basons sur les sciences cognitives (notamment pour proposer des formations en soft skills vraiment efficaces), et avons recours à de l’intelligence artificielle.

Ce projet demande à lui seul beaucoup d’investissement, mais c’est ce que je retiendrai le plus de cette première année d’école. Quand on est un peu perdu, qu’on ne sait pas trop quoi faire, qu’on a peur de s’enfermer dans une profession routinière et abêtissante, essayer de bâtir son propre projet avec des amis qui partagent nos convictions est la meilleure des alternatives ; une alternative incertaine, mais très motivante.

J’ai d’autres projets personnels, notamment des projets d’écriture, qui me tiennent à cœur.

 

As-tu un mot à adresser aux lycéens et préparationnaires qui te lisent ? 

Hakuna Matata. 

 

Merci à toi Virgile d’avoir investi cet entretien avec autant de singularité !

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