Études de médecine : quelle voie choisir entre PASS et L.AS ?

Depuis la mise en place en septembre 2020 de la réforme des études de santé (médecine, dentaire, sage-femme, pharmacie et kinésithérapie) voulue par les ministères de la Santé et de l’Enseignement Supérieur, un étudiant souhaitant s’orienter vers de telles études a deux alternatives : le Parcours d’Accès Spécifique Santé (PASS) ou une Licence « Accès santé » (L.AS).

Cette réforme a mis fin à l’ancienne PACES, première année couperet extrêmement exigeante, encadrée par un numerus clausus n’autorisant qu’environ 15% d’étudiants à passer en deuxième année. Entérinant la fin de la PACES et du numerus clausus, le nouveau système entend diversifier les voies d’accès afin de permettre à différents profils de rejoindre les études de médecine à différents moments de leurs études, tout en supprimant la possibilité de redoubler sa première année.

Si l’objectif de cette réforme est de décloisonner les études de médecine en les rapprochant du fonctionnement des autres filières universitaires, une forte sélectivité demeurera. Quelle stratégie adopter pour mettre toutes les chances de réussite de son côté ? Est-il plus intéressant de s’orienter vers le PASS ou vers une L. AS ? Toutes les universités en proposent-elles ? Cet article rappelle les caractéristiques de la réforme et répond à l’ensemble de ces questions.

 

Les deux voies d’accès : le PASS et la L.AS

Les élèves de Terminale ont le choix dans Parcoursup entre les deux voies d’accès vers les études de médecine.

S’offre d’abord à eux le PASS, proposé uniquement dans les facultés dotées d’une UFR Santé, qui délivre, comme une première année de licence classique, 60 crédits ECTS. Ce nouveau parcours met fin au concours couperet de fin d’année, au profit du contrôle continu. Il comprend une majeure (équivalant, selon le cadre national, à au moins 30 ECTS) dont les matières auront directement trait à la santé et une mineure (au moins 10 ECTS) au choix dans la limite de l’offre de l’université visée. A titre d’exemple, l’Université de Paris (résultant de la fusion de Paris Descartes et de Paris Diderot) a décidé d’attribuer 48 ECTS à sa majeure santé, et 12 ECTS à une mineure au choix parmi dix, dont le droit, l’économie-gestion, la santé des populations ou la biologie-physique-chimie.

Les matières principales de la majeure santé sont semblables à celles de la PACES ; on retrouve, tantôt en cours magistral, tantôt en enseignements dirigés en petits groupes, les enseignements de chimie-biochimie, de biologie cellulaire-histologie-embryologie, de biophysique-physiologie, d’anatomie, de pharmacologie, de bio-statistiques et de sciences humaines et sociales. S’ajoutent à ce programme, souvent au second semestre de la première année, des enseignements spécifiques consacrés au projet professionnel, à la préparation des potentiels oraux de fin de première année, et à l’anglais.

Si cette première année apparaît au premier abord plus ouverte, la sélectivité demeure très forte, et il ne suffit pas d’obtenir ses ECTS pour pouvoir poursuivre des études de médecine. Même si l’étudiant a validé sa première année, l’université examine à la fin du second semestre les dossiers de toute la promotion, et décide d’un passage direct en deuxième année pour les meilleurs élèves, d’oraux et/ ou d’écrits supplémentaires ou d’une réorientation pour les autres. L’étudiant qui a validé sa première année mais n’a pas réussi à intégrer l’un des parcours santé (Médecine, Maïeutique, Odontologie, Pharmacie, Kinésithérapie) à l’issue de celle-ci ne pourra pas redoubler. Il aura néanmoins la possibilité de s’orienter vers la deuxième année de licence « Accès santé » correspondant à la mineure suivie au cours de son PASS et de retenter sa chance une fois, en deuxième ou en troisième année.

Les L.AS sont proposées à la fois par des universités proposant des parcours PASS, mais également par des établissements qui n’offraient jusqu’alors pas de cursus de santé ; leur spécificité est de posséder une mineure Santé (au moins 10 ECTS) qui permettra à l’étudiant de rejoindre, si ses résultats le lui permettent, l’un des parcours santé de son choix, dans la limite de deux tentatives au cours de ses trois premières années d’études (L1, L2 et L3). La majeure peut être choisie par l’élève parmi les choix que propose chaque université (droit, économie, informatique, mathématiques, lettres, etc.). A Lyon, l’Institut catholique propose par exemple une L.AS de Sciences de la vie (biologie et humanités), tandis que les Universités Lumière et Jean Moulin proposent respectivement des L.AS de droit et de psychologie-sciences cognitives.

Études de médecine

 

Les universités libres de déterminer leur contingent de places

L’une des caractéristiques majeures de la réforme est la liberté nouvelle accordée aux universités dans l’organisation de ces deux parcours. Elles déterminent désormais, en collaboration avec les Agences Régionales de Santé, le nombre d’étudiants admis par filière. Cela ne signifie toutefois pas que les places sont beaucoup plus nombreuses, puisque les capacités d’accueil des universités restent constantesL’Université d’Amiens a par exemple choisi de réserver 830 places au PASS (700 pour la mineure Sciences, 30 pour la mineure Psychologie, 20 pour la mineure Philosophie et 20 places à Boulogne-sur-Mer). A toutes les L.AS confondues, cette université réserve 242 places.

A Marseille, l’Université  réserve 1 500 places au PASS (avec une pléthore de mineures possibles) contre 286 aux L.AS. Ainsi, les pourcentages de places accordées au PASS et aux L.AS peut varier selon les universités : l’Université d’Amiens accorde environ 22% de ses places aux L.AS, contre environ 16% pour l’Université de Marseille. La proportion d’étudiants admis en deuxième année venant de chaque parcours suivant ces tendances, le contingent de places réservées à chaque L.AS apparait donc comme minoritaire.

Il est enfin important de noter que les universités de Créteil, Caen, Poitiers et Strasbourg ne proposent pas de PASS ; les étudiants devront donc nécessairement porter leur choix vers l’une des L.AS disponibles ou s’orienter vers d’autres universités. Néanmoins, chacune de ces universités propose en réalité une L.AS correspondant, en terme de contenu d’enseignements, peu ou prou aux anciens programmes de PACES, telle la licence Sciences pour la Santé de Paris-Est (Créteil).

Études de médecine

 

PASS ou L.AS : sur quels critères choisir sa voie ?

Compte tenu des spécificités de chaque parcours et du nombre de places accordées dans chacun d’entre eux, quelle est la meilleure orientation possible ? Plusieurs critères peuvent éclairer l’étudiant hésitant.

En effet, c’est d’abord son profil et ses aspirations qui seront les bons déterminants de son choix. A un élève ayant un profil scientifique et un projet mûri le destinant avec certitude aux études de médecine, on peut conseiller de s’orienter vers le PASS, qui lui permettra de concentrer l’essentiel de son énergie sur les matières qui lui serviront dans la suite de son parcours. Sa mineure ne sera toutefois pas à négliger, puisqu’en cas d’échec à intégrer la filière de son choix en fin de première année, l’étudiant devra, pour pouvoir retenter sa chance, rejoindre la L.AS correspondant à sa mineure, et y exceller.

Pour un élève encore hésitant sur son projet professionnel, qui envisage des études de médecine, mais aussi d’autres professions, il peut être intéressant d’envisager une L.AS. Cette licence lui permettrait de conserver un parcours très ouvert lui laissant le temps de mûrir son projet personnel, médical ou plus en lien avec sa majeure. Opter pour une licence spécialisée dans une matière dans laquelle on excelle (par exemple mathématiques, anglais, économie) peut en outre être judicieux : les places autorisant l’accès aux filières de santé sont peu nombreuses, mais un étudiant particulièrement brillant dans sa matière, même s’il a peu étudié les sciences au lycée, peut avoir plus de chances de s’y distinguer qu’en PASS où toute la promotion se trouve face à de nombreuses matières nouvelles qui s’appuient souvent sur de solides pré-requis en sciences.

La personnalité propre à chaque élève est également à prendre en considération. Les universités signalent que pour réussir son PASS, il faut être doté de bonnes capacités de mémorisation, d’une grande puissance de travail (le travail personnel journalier d’un étudiant en première année de médecine est estimé à six à dix heures, y compris les week-ends), et d’une certaine résistance à la pression. En L.AS, celle-ci sera peut-être moins palpable, mais la sélectivité demeurera très importante. Il faudra donc que l’étudiant soit capable de beaucoup s’investir dans la majeure choisie, sans bien sûr délaisser sa mineure qui sera examinée avec soin par le jury chargé de sélectionner les dossiers à admettre en filière santé.

Projet professionnel, personnalité, dossier scolaire, motivation sont les principaux éléments à examiner avec soin avant de faire le choix du PASS ou d’une L.AS. Quelle que soit la voie sélectionnée, le niveau d’excellence requis pour poursuivre ses études dans la filière de son choix est particulièrement élevé et les étudiants ayant minutieusement construit leur parcours dès le lycée partiront avec un avantage certain.

Pour retrouver les enseignements de spécialités conseillés au lycée dans le cadre de la réforme pour une orientation vers les études de médecine vous pouvez consulter notre article.


Pour tout comprendre de la réforme des études de médecine venez nous rencontrer lors de nos réunions d’information.

Toutes les informations sur la réforme du lycée :

Guide d’orientation >



École d’ingénieur post-bac, mode d’emploi

Les écoles d’ingénieur post-bac sont de plus en plus plébiscitées par les lycéens dans leurs choix d’orientation. Elles permettent d’entrer dès la sortie du lycée dans une école sans passer par la classe préparatoire et proposent des applications plus concrètes dès la première année. Attention cependant : loin d’être une solution de facilité ou « de secours » pour des élèves moins performants, ce sont des établissements sélectifs – à un niveau variable selon les écoles,  vers lesquels il convient de s’orienter avec un projet défini.

 

1. École d’ingénieur post-bac ou post-prépa : quelle différence ?

A la sortie du lycée, deux voies s’offrent à vous pour devenir ingénieur : intégrer une classe préparatoire scientifique (les meilleures d’entre elles sont très sélectives) puis passer les concours après deux ou trois ans d’études, ou intégrer directement une école post-bac. Comment faire son choix entre ces deux voies d’admission ?

Tout d’abord, il est important d’identifier les écoles que vous souhaitez intégrer. En effet, certaines d’entre elles ne recrutent qu’après une classe préparatoire, comme l’École Polytechnique, les Mines ou CentraleSupélec. Cette voie vous donne également accès à toutes les écoles d’ingénieur de France, celles recrutant dès le bac proposant également aux élèves de prépa de les rejoindre directement en « cycle ingénieur », c’est-à-dire à bac +3.

Si la classe préparatoire vous semble trop compétitive ou que vous trouvez cette voie trop généraliste, vous pouvez vous tourner vers les cursus proposés par les écoles d’ingénieur post-bac. Elles sont une centaine à être accessibles dès la sortie du lycée et sont sélectives à l’entrée : après une étude de dossier, vous devrez passer des épreuves écrites et/ou des épreuves orales, que ce soit auprès de l’école que vous visez (comme l’ICAM, qui possède sa propre procédure avec dossier et entretien) ou par l’intermédiaire d’un concours ” commun ” (Avenir, Puissance Alpha, GEIPI-Polytech, Advance).

L’ensemble des écoles a  rejoint la plateforme Parcoursup. C’est donc directement sur cette plateforme qu’il faut se porter candidat.

 

2. La scolarité en école d’ingénieur post-bac

Rejoindre une école d’ingénieur après le baccalauréat vous engage sur cinq ans : deux ans de classe préparatoire intégrée puis trois ans de « cycle ingénieur », pour aboutir à un diplôme de niveau Bac+5.

Les deux premières années, bien que portant le nom de « prépa intégrée », ne sont pas aussi compétitives qu’une classe préparatoire aux Grandes Ecoles. L’admission en cycle ingénieur n’étant conditionnée qu’à une attente de résultats suffisants, la pression est moins importante et les relations entre élèves sont plutôt portées sur l’entraide et la solidarité. La prépa intégrée reste difficile et demande un travail rigoureux, mais a l’avantage d’être plus concrète qu’une classe préparatoire plus « générale » : stages, projets et enseignements spécifiques à l’école (informatique…) rythment les deux premières années et permettent d’entrer directement dans le « vif du sujet».

Ce premier cycle permet également aux élèves de se projeter dès la sortie du bac dans la vie d’école. Ils peuvent par exemple rejoindre des associations, comme en témoigne Charles, étudiant à l’ECE.

« … il existe de nombreuses associations où on peut faire du sport, défendre des causes comme l’écologie ».

Après validation des deux premières années, les étudiants entrent en « cycle ingénieur ». Selon les écoles, l’orientation vers votre secteur de prédilection peut se faire directement à l’entrée ou durant la dernière année du cursus. Vous pouvez intégrer une école « généraliste » et choisir une spécialité au cours de votre formation ou, à l’inverse, choisir une école directement spécialisée dans un secteur défini, comme l’IPSA qui propose des formations centrées sur l’aéronautique et le spatial.

Les cinq ans d’école s’achèvent sur un stage de fin d’étude en entreprise.

 

3. Quels débouchés ?

Le taux de chômage des ingénieurs (3,5%) est plus de deux fois inférieur à celui de l’ensemble des actifs. Les écoles affichent également d’excellents taux d’insertion professionnelle, supérieurs à 90%. Selon une étude de l’ESIEE menée auprès de ses étudiants diplômés, 89% d’entre eux ont signé un contrat avant la fin de leur formation, 6% moins de deux mois après l’obtention de leur diplôme et 5% entre deux et quatre mois après la fin de leurs études.

Avec un titre d’ingénieur, il est possible d’exercer un grand nombre de métiers. Près d’un diplômé sur deux travaille en recherche, étude et développement : selon le secteur et le poste, cela inclut la conception de solutions innovantes mais également la réalisation d’essais et de prototypes. D’autres préfèrent s’orienter vers le conseil (au sein d’un bureau d’études, d’un cabinet de conseil…), ou encore vers la production.

Selon la majeure que vous choisirez, vous pourrez exercer différentes professions. Quelques exemples ? Chef de projet produits connectés, data scientist, ingénieur en risques industriels, ingénieur aéronautique, chef de projet système d’information santé, ingénieur Smart City et applications IoT, ingénieur en imagerie spatiale…

Les étudiants ayant obtenu un double diplôme avec une école de commerce se destinent le plus souvent à des postes de management ou créent leur propre entreprise, parfois même avant d’obtenir leur diplôme grâce à un dispositif d’accompagnement proposé par leurs écoles. Ingénieur commercial, chargé d’affaires, ingénieur avant-vente… ne sont que quelques exemples des métiers possibles après un tel parcours.

Enfin, pour les élèves qui souhaitent continuer leurs études et qui sont davantage intéressés par la recherche, il est possible de poursuivre en doctorat.

 

4. Les concours d’accès aux écoles d’ingénieur post-bac

Une grande partie des écoles d’ingénieur post-bac recrute au moyen de concours communs, tels qu’Avenir (ELSIV, ECE, ESTACA…), Puissance Alpha (EFREI Paris, ESIEE, ESIEA…), GEIPI-Polytech (toutes les écoles du réseau Polytech, ISAT Nevers…) ou Advance (EPITA, ESME Sudria, IPSA, Sup’Biotech).

Certains d’entre eux requièrent de passer des épreuves écrites, portant sur le programme de Terminale. Leur format est différent des évaluations dont les lycéens ont l’habitude (QCM…) ; il est donc essentiel de s’y préparer sérieusement, afin d’obtenir le meilleur classement possible et se donner toutes les chances d’intégrer l’école visée.

Nous publierons prochainement un article détaillant ces concours d’accès : restez connectés !

Besoin de conseils ? Ipesup vous propose des réunions d’information spécifiques à ces écoles, pour vous aider à vous orienter vers celle qui vous correspond.



Le point sur la nouvelle procédure d’admission 2021 au Collège universitaire de Sciences Po Paris

Sciences Po Paris : une nouvelle procédure d’admission en 2021

Sciences Po réforme sa procédure d’admission en 2021. Il s’agit désormais d’une procédure unique, constituée de 4 épreuves communes à tous les candidats français, qu’ils résident en France ou à l’étranger. L’ambition portée par le nouveau concours est d’obtenir un vivier d’étudiants le plus diversifié possible.

 

SCHÉMA_RéformeSPO_2021

 

Premier bloc d’épreuves

Une première note sur 20 sera obtenue à partir de la moyenne des notes du Baccalauréat.

La prise en compte de la moyenne des épreuves anticipées du bac participe par ailleurs de la volonté de situer chaque candidat sur des épreuves supposées harmonisées au niveau national.

Sciences Po doit communiquer prochainement au sujet des notes aux épreuves de bac qui seront prises en compte, car la crise sanitaire bouleverse depuis la Première 2020 la configuration des épreuves anticipées du bac.

 

Deuxième bloc d’épreuves

La performance académique et la trajectoire du candidat. Une double évaluation est pratiquée :

  • « quantitative », qui s’appuie sur les notes obtenues depuis la classe de Seconde, de sorte à bien mesurer la progression de l’élève au cours de la scolarité.
  • « qualitative », qui détecte les qualités de sérieux, l’engagement, la régularité (ou non), la progression, l’assiduité.

Ces informations émanent des professeurs mais aussi du proviseur via la Fiche Avenir, document rempli par le chef d’établissement dans le cadre de Parcoursup.

Deux évaluateurs indépendants notent séparément sur 10, pour une note totale sur 20. Il n’y aura pas d’algorithme de traitement pour garantir une étude fine du dossier.

Ce qui sera valorisé, c’est un très bon niveau académique.

Aucune spécialité (ni combinaison de spécialités) n’est privilégiée : ce qui importe, aux yeux de Sciences Po, c’est de réussir dans les matières choisies. A noter que, dans le cadre des doubles diplômes « Bachelors of Arts and Sciences » (BASC), il est quand même recommandé d’avoir opté pour des spécialités scientifiques.

 

Troisième bloc d’épreuves : les écrits personnels (EP)

Dans l’ancienne procédure d’admission, des épreuves sur table avaient lieu en février, qui ont été supprimées. Sciences Po tient à maintenir un exercice d’écrit. Cette épreuve se décline en trois sous-parties :

 

Schéma_écrits_perso

 

EP1 : les activités et centres d’intérêt. Il s’agit d’une rubrique déjà existante de Parcoursup, dont l’objectif est de cerner le profil du candidat au-delà de la trajectoire académique

EP2 : la motivation pour entrer à Sciences Po. L’objectif ici est à la fois de saisir pourquoi le candidat se présente à Sciences Po et demande les campus qu’il a choisis, mais aussi, quel est son intérêt pour le projet pédagogique et intellectuel de Sciences Po.

EP3 : l’essai personnel. Il s’agit d’une nouveauté et d’une spécificité de Sciences Po. Cinq thèmes au choix. Le candidat devra en choisir un et rédiger un texte personnalisé qui va permettre d’évaluer capacités rédactionnelles et capacités d’analyse et d’argumentation.

Ces trois écrits personnels seront lus par deux évaluateurs qui attribueront respectivement une note sur 10, pour parvenir à une note sur 20.

Ces trois « blocs d’épreuves » détermineront l’admissibilité.

Seul un candidat déclaré « admissible » sera invité à la quatrième et dernière épreuve : l’oral.

 

Schema_oral1

 

Nouveauté de l’oral en 2021, il sera exclusivement en ligne et à distance. Cet oral durera 30 minutes, face à deux membres du jury issus des communautés de Sciences Po : enseignants, représentants de la direction, membres de l’administration, etc.

Autre évolution : il comportera 3 parties.

 

Schéma_oral

 

1) Présentation en 2 minutes chrono. Bien noter que le candidat repartira de zéro, car les membres du jury n’auront pas accès à son dossier. L’oral est une nouvelle chance de convaincre des personnes différentes de celles qui vous auront évalué.

2) Les membres de la commission soumettront ensuite au candidat deux images d’actualité aussi bien que de la culture populaire ou du champ artistique. Il aura quelques instants pour les observer et en choisir une. Il pourra alors expliquer son choix, décrire l’image, la mettre en contexte, l’interpréter … lors d’un échange d’une dizaine de minutes avec le jury Le commentaire d’images vise à vérifier compétences de synthèse et d’analyse, capacités d’interprétation et d’argumentation.

3) La fin de l’oral est plus libre. Ce sera l’occasion pour le jury de s’assurer que le candidat connaît bien Sciences Po, son projet académique, ses cours, sa structure, s’il a un projet de 3ème année à l’étranger et de Master, voire (ce n’est pas forcément une obligation) un projet professionnel ou un secteur qui l’attire. Il pourra également y avoir des questions de culture générale, d’actualité – tout cela étant le cœur de ce qui fait le projet de Sciences Po.

Cet oral, noté sur 20, s’ajoutera à la note précédente sur 60. La note finale sur un total de 80 décidera de « l’admission » à Sciences Po. Le résultat sera donné par Parcoursup. Il y aura une liste principale et une liste d’attente, les candidats admis figurant sur la première, avec un campus d’affectation, tandis que les seconds, sur liste d’attente, pourront être admis en cas de désistement.

 

Ce qu’il faut retenir de cette réforme en 3 ou 4 idées-clefs

1. Y aura-t-il encore un concours à l’entrée de Sciences Po Paris en 2021 ?

Oui. Il y a toujours bel et bien un concours. Il devrait même être plus sélectif que sa version précédente, car l’inscription se fera désormais directement dans Parcoursup et selon le même calendrier.

 

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Cette simplification des démarches d’inscription conjuguée à la suppression des épreuves sur table au profit des « écrits personnels » dans le dossier devrait inciter plus fortement les élèves à cocher Sciences Po parmi leurs 20 vœux possibles. C’est ainsi 30 à 40% de candidatures supplémentaires qui sont attendues, selon une estimation avancée par la direction des études et de la scolarité à Sciences Po.

 

2. Les « Ecrits personnels » : un nouvel écrit logé dans le dossier

Sciences Po a dévoilé le contenu de la réforme de son concours entre octobre et novembre 2020. L’annonce qui a fait la plus forte impression est celle d’un bloc de trois écrits portant sur les activités et centres d’intérêt du candidat, sa motivation à faire Sciences Po et sa capacité à s’exprimer à travers l’écriture créative. Si les deux premiers exercices sont ceux d’une lettre de personnalité et de motivation, le troisième relève de la catégorie anglosaxonne de l’« essay ». A travers cinq questions aussi diverses que :

  • « Qu’avez-vous accompli dont vous êtes le plus fier, et pourquoi ? »
  • « Parmi les ouvrages que vous avez étudiés au lycée, quel est celui que vous conseilleriez à un ami et pourquoi ? »
  • « Pour quelle cause refuseriez-vous de prendre position et pourquoi ? »
  • « Si vous aviez l’occasion de discuter avec un dirigeant politique important de votre pays : de qui s’agirait-il, que lui diriez-vous et pourquoi ? »
  • « Qu’est-ce qui vous apporte de la joie ? Expliquez et développez. »

L’élève de lycée devra se livrer à une forme de portrait chinois afin d’accoucher du « talent » dont il est porteur, à commencer par son talent d’écriture. Car telle est l’ambition de ce nouveau concours : « distinguer les talents de demain » ( https://newsroom.sciencespo.fr/sciences-po-reforme-sa-procedure-dadmission-en-premiere-annee-une-ambition-renouvelee-de-conjuguer-excellence-et-ouverture/ ).

 

3. Un Oral d’admission nouvelle formule

L’autre grande nouveauté est celle d’un Oral qui aura lieu désormais à distance, via une plateforme interactive. Finie l’attente interminable dans le couloir du 13, rue de l’Université, pour être invité à pénétrer dans la salle où attend le jury, avant que ne commence un mano à mano d’une grosse vingtaine de minutes à l’issue incertaine. L’Oral n’est même plus « couperet » : il ne décide plus à lui seul du succès ou de l’échec du candidat. Il obéit à une nouvelle ritualisation au sein de laquelle est remis en selle le « commentaire d’image » déjà utilisé par le passé au concours de Sciences Po. Images de l’actualité aussi bien que de la culture populaire ou du champ artistique. Exercice assez risqué, en réalité, qui, du point de vue des compétences, n’est pas moins discriminant que l’écrit.

 

4. Un concours qui repose à 50% sur des compétences extra-académiques

Finalement, seuls deux des quatre critères d’admission relèvent des « hard skills », des notes obtenues en lycée (moyenne des écrits du Bac, bulletins sur 3 ans). Ce qui signifie que 50% des critères de sélection supposent désormais d’autres compétences que celles d’être un bon élève. Certes, il s’agit pour Sciences Po de diversifier le plus possible son vivier d’étudiants en cherchant tous les talents là où ils sont. Mais les épreuves 3 et 4, le bloc des trois écrits et l’oral d’admission, demandent une grande maturité dans le domaine des « soft skills », des compétences personnelles et interpersonnelles qui permettent de dévoiler un potentiel. Ces capacités aussi s’apprennent et se cultivent. Le « talent », c’est la personne même, quand elle parvient à s’exprimer. Et ce potentiel, il va falloir le révéler.

 

La réponse du Groupe Ipesup à cette nouvelle donne

Le Groupe Ipesup s’est déjà adapté en s’appropriant l’esprit du nouveau concours de Sciences Po et développe des programmes originaux de formation qui incluent les « soft skills ». Des coachs certifiés enseignent dans nos programmes aussi bien la confiance en soi ou la gestion du stress que la prise de parole en public ou la communication d’influence, et cela, dès la classe de Seconde ! A côté des matières les plus académiques, qu’enseignent toujours chez nous des professeurs normaliens, des agrégés, des universitaires, nous accordons de plus en plus de place à ces « compétences douces ». Parallèlement, nos élèves participent à des conférences qui suivent l’actualité, où des acteurs économiques et publics de premier plan viennent partager leurs expériences et délivrer leurs analyses des grands enjeux contemporains. Des conséquences économiques de la crise sanitaire aux élections américaines, en passant par l’analyse des images de l’actualité, nos élèvent repartent avec une compréhension plus fine du monde et de sa diversité pour nourrir leurs performances académiques, gagner en maturité et mieux révéler leur potentiel.

Le Groupe Ipesup organise des réunions d’information consacrées à l’analyse de la réforme du concours d’entrée au Collège universitaire de Sciences Po Paris et la présentation de nos formations en Seconde, Première et Terminale. Les dates disponibles ainsi que le formulaire d’inscription sont accessibles sur ce lien : https://www.ipesup.fr/formulaire-ri-spo-paris/

Au plaisir de vous y accueillir.



Classements 2021 des prépas HEC

Depuis le 11 mars, les élèves de Terminale ont finalisé leur liste de vœux dans Parcoursup. En attendant les résultats, qui seront dévoilés entre le 27 mai et le 16 juillet 2021, certains continuent de s’interroger sur la classe préparatoire qui leur conviendra le mieux. Pour accompagner les lycéens et leurs parents dans leur choix, l’Etudiant propose chaque année un classement des meilleures classes préparatoires économiques et commerciales de France, basé sur le taux d’intégration des préparationnaires dans les écoles les plus prestigieuses.

Retrouvez ici le classement des meilleures classes préparatoires en voies scientifique et économique (voies qui seront remplacées l’an prochain par une unique voie générale et des électifs).

 

Palmarès des meilleures prépas Économiques et Commerciales voie économique (ECE)

 

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Palmarès des meilleures prépas Économiques et Commerciales voie Scientifique (ECS)

 

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Analyse du programme d’ESH

Publiés au Bulletin officiel spécial du 11 février 2021 du ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, les nouveaux programmes d’Economie, de Sociologie et d’Histoire du Monde contemporain et d’Economie approfondie s’appliqueront aux étudiants de la classe préparatoire économique et commerciale générale (ECG) à compter de septembre 2021.

La réforme du lycée a supprimé les filières du bac général (les anciennes voies S, ES, et L), au profit d’enseignements dits de «  Spécialités  » et d’Options, ce qui modifie le recrutement dans les CPGE commerciales.

Dans l’architecture de la nouvelle ECG, après une orientation soit en mathématiques appliquées soit en mathématiques approfondies, les étudiants ont la possibilité de choisir entre un enseignement d’Histoire-Géographie et Géopolitique du monde contemporain (HGGMC) ou d’Economie, Sociologie et Histoire du monde contemporain (ESH). Ce dernier cherche à éclairer la compréhension du monde contemporain par la présentation d’analyses économiques et sociologiques, dans une perspective historique.

En ESH, c’est l’économie (systématiquement appuyée par l’analyse historique et l’observation des faits depuis le révolution industrielle) qui a la plus grande part du programme. La sociologie (elle aussi accompagnée de perspectives historiques) n’occupe qu’une place mineure (20 à 25% du programme).

Il n’est nullement fait état de la nécessité d’avoir suivi la spécialité SES au cours de la scolarité au lycée pour aborder l’enseignement d’ESH en classe préparatoire. Le préambule mentionne que le programme est effectivement structuré en quatre modules semestriels “dont le premier a pour objectif de faciliter la transition entre l’enseignement secondaire et l’enseignement supérieur, en favorisant l’adaptation des étudiants à ce nouvel enseignement.” Néanmoins, dans son contenu, le programme reprend des thématiques qui ont pu être abordées en Première ou en Terminale de l’enseignement dans la spécialité et on peut supposer que des étudiants déjà familiarisés avec les notions et les raisonnements pourraient avoir là une facilité à aborder cette filière.

Les grands défis économiques (et dans une moindre mesure sociaux) sont étudiés à la lumière des modèles d’analyse élaborés dans les différentes disciplines. Ces constructions théoriques sont rapprochées de la réalité des faits pour en mesurer la portée explicative et le caractère historiquement situé. C’est une caractéristique de ce nouveau programme que d’insister davantage sur l’histoire de la pensée, économique et sociale, et sur l’histoire des disciplines.

Le préambule du programme mentionne les compétences que l’enseignement d’économie, sociologie et histoire du monde contemporain vise à apporter aux étudiants : compréhension du monde contemporain, synthèse, analyse et capacité à argumenter.

Enfin, le nouveau programme est assorti de commentaires parfois plus détaillés que le précédent. Ces commentaires ont pour objectif d’expliciter l’orientation globale et visent aussi à borner l’étendue des connaissances exigibles.

 

Le changement le plus notable : la fusion de l’économie approfondie et de l’économie, sociologie et histoire du monde contemporain

La plus grande nouveauté par rapport au cursus proposé auparavant en ECE est l’intégration du programme d’Economie Approfondie dans celui d’ESH, baptisé sobrement ESH (pour « Economie, Sociologie et Histoire du Monde contemporain »).

Les savoirs et compétences de l’ancien programme d’économie approfondie (microéconomie et macroéconomie) ont été distribués dans les quatre modules d’ESH qui constituent la trame des deux ans d’enseignement et qui ne changent pas en profondeur.

Pour autant, cette “fusion” (à horaires constants de 8h hebdomadaires) n’est pas sans incidence. Elle devrait aboutir à ce que la totalité du volume horaire de cette discipline soit confiée à des professeurs de Sciences économiques et sociales (là où certains établissements pouvaient auparavant pratiquer une répartition conduisant à attribuer l’EA – 2h – aux professeurs de SES et l’ESH – 6h – au moins en partie aux professeurs d’histoire).

Concrètement cela signifie que les quatre modules que sont “Les fondements de l’économie et de la sociologie”, “Croissance et développement”, “La mondialisation économique et financière” et “Déséquilibres, régulation et action publique” sont émaillés de références à des théories de la science économique (micro comme macro), à des travaux de sociologie ou à des courants de pensée, voire des apports d’auteurs (sans qu’il ne soit fait mention d’aucun nommément) issus de ces deux disciplines.

Néanmoins, contre une dérive possible de l’enseignement vers des connaissances trop techniques, il est rappelé : “L’étude des fondements et des analyses théoriques de l’économie et de la sociologie ne doit pas faire perdre de vue la dimension historique. Il s’agira, dans une perspective dynamique, d’expliquer les faits économiques et sociaux par l’analyse ou d’éclairer l’analyse par les faits.”

La réécriture du programme est aussi l’occasion d’exprimer la volonté, plus marquée qu’auparavant, de présenter les sciences humaines comme des disciplines insérées dans leur temps dans lesquels les savoirs comme les méthodes évoluent.

Ainsi, apparaît dès la première phrase du préambule : “L’enseignement d’économie, sociologie et histoire vise à apporter aux étudiants les instruments d’analyse et de compréhension du monde contemporain. Pour cela, il associe trois approches complémentaires : la science économique ; l’histoire de la pensée et des faits économiques et sociaux ; la sociologie”. Cette tendance est également exprimée clairement pour la sociologie, dont les deux sous-axes dans le Module 1 sont :

  • 1.3.1. Les grands courants de la pensée sociologique depuis le XIXe siècle
  • 1.3.2. La pluralité des méthodes sociologiques

 

Peu de nouveaux objets d’étude mais d’autant plus remarqués, quelques disparitions

L’apparition de nouveaux objets concerne la sociologie, dont l’enseignement est essentiellement concentré dans les premiers modules, soit en première année.

L’axe sur les fondements de la sociologie est ainsi introduit :

“Il s’agira de montrer, à travers le thème « individu et société », la nature de la contribution de la sociologie à  la connaissance du social et comment elle s’est constituée comme une discipline propre, avec ses concepts,  ses méthodes, ses auteurs.” 

Apparaît ici un thème explicite et la nécessité de faire avec les étudiants de l’histoire de la pensée (là où auparavant, il s’agissait d’affirmer que la sociologie était une “discipline constituée”, avec “ses auteurs reconnus”)

On trouve également les précisions suivantes :

“On montrera, à l’aide d’exemples, que l’innovation sociologique est passée par le renouvellement théorique comme par le renouvellement des objets.” et “les outils d’enquête, nécessairement pluriels, opèrent des rapprochements avec d’autres sciences sociales (ethnologie, science politique, économie et  histoire).”

Il s’agit donc d’une perspective assez nouvelle, qui permet d’aborder l’évolution des méthodes de travail et le renouvellement des centres d’intérêt des chercheurs en fonction de problèmes historiquement construits. La prise en compte d’approches pluridisciplinaires correspond à l’émergence de recherches de premier plan, probablement moins cloisonnées (on peut penser aux travaux dans le domaine des inégalités ces dernières années).

Cette ouverture reste cependant bornée par la thématique générale (suffisamment vaste cependant pour intégrer de très nombreux travaux) de l’axe, à savoir “individu et société”.

Un deuxième thème s’invite (ou du moins s’autonomise, car il était implicite dans le programme d’histoire du monde contemporain) est l’étude de la consommation. Déjà enseignée en économie approfondie à travers l’étude du choix du consommateur ou dans les modèles mettant en avant la consommation globale, ce thème acquiert désormais une dimension historique puisqu’il s’agit de montrer que “les modes de vie – notamment la consommation – se transforment en raison de multiples  facteurs, sociologiques, démographiques et environnementaux”.

Un champ de la recherche en sociologie fait son entrée au programme (champ particulièrement fécond ces dernières années, ce dont témoigne la création de la chaire “sociologie du travail créateur” au Collège de France occupée par P.M. Menger), à travers l’axe “2.3.3. Éléments de sociologie du travail et des organisations”. Dans le programme précédent, il n’était fait allusion qu’aux recherches portant sur l’identité au travail ou au travail comme facteur de production. Désormais “L’analyse se focalisera sur la manière dont la sociologie du travail rend compte de l’organisation du travail, des relations de travail, de la représentation des salariés, des professions et des inégalités professionnelles (sexes, statuts d’emploi).”

Il s’agit là d’objets nouveaux qui font écho à l’enrichissement observé également sur l’étude de l’entreprise : “On s’interrogera sur le rapport de l’entreprise à l’intérêt général”, ajout, là aussi, dans l’air du temps (avec le rapport Notat-Senard de  2018, et le vote de la loi PACTE en 2019).

Ce thème “Entreprise et organisation” trouve d’ailleurs une plus grande cohérence puisqu’on se propose d’y croiser les approches historique, sociologique et économique. À l’étude des “transformations de l’entreprise et de sa gouvernance depuis le XIXe siècle” succède ainsi un axe portant sur “Concurrence imparfaite et stratégies des firmes” avant d’en arriver à la sociologie du travail et des organisations.

Enfin, les étudiants devront connaître les analyses de la structure sociale (ce qui n’est pas nouveau), mais aussi de la mobilité sociale. L’introduction de ce thème dans le module 2 (soit en première année) ne surprend pas, il complète l’étude de la transformation de la structure sociale mais demandera un investissement assez important puisque le programme précise : “L’analyse de la mobilité sociale nécessitera de s’interroger sur les instruments de sa mesure et la définition des populations concernées. On étudiera les trajectoires individuelles et collectives.”

Si le programme s’est enrichi des points précédents, on notera qu’il s’allège d’un sous-thème. L’item “Économie et sociologie du développement” qui figurait de façon autonome dans le programme précédent a disparu. Même si la question des inégalités de développement et la diversité des stratégies nationales restent enseignées, leur étude est désormais rapprochée du développement connu par les pays développés au cours des XVIIIe et XIXe siècles (avec probablement une invitation à la comparaison). Les problèmes particuliers des pays les moins avancés ou en développement tendent à s’effacer au même titre que l’exploration du champ spécifique de la recherche qu’est l’économie du développement.

 

Une répartition de l’enseignement entre première et deuxième année rendue globalement plus cohérente – les modules de deuxième année quasiment inchangés

Les quatre modules sont présentés explicitement dans le préambule comme semestriels, ce qui semble imposer une progression à respecter sur les deux ans.

Le nouveau programme tente de remédier à certains défauts de l’ancien qui conduisaient par exemple à étudier un phénomène pour partie en première année et pour partie en deuxième année. On peut prendre pour exemple le module 2 “croissance et développement” (qui apparaissait ainsi dans le programme de 2013 avec mention de bornes chronologiques “du XIXe siècle à nos jours”), les crises en ont été retirées et sont reléguées à un autre module (le module 4), ce qui permet de les aborder intégralement en deuxième année. Ainsi, le Module 4, “Déséquilibres, régulation et action publique”, intègre des éléments d’économie approfondie et contient désormais cet axe : “4.2.1. Fluctuations économiques et politiques de régulation des cycles” qui associe des connaissances auparavant réparties entre EA et ESH sur les deux années. Le thème est étudié à partir du XIXe siècle (on pourra donc en conclure que le module sur la croissance en première année n’a pas vocation à s’étendre sur l’irrégularité de la croissance) et il permet d’aborder, en même temps, la question de la réaction des pouvoirs publics (les politiques publiques) aux fluctuations de la croissance.

La même cohérence n’a cependant pas été appliquée strictement partout : si les défaillances de marché sont vues en première année, l’intervention publique face à ces défaillances est du ressort du module 4 (avec le reste des politiques publiques).

Dans l’ensemble, les changements paraissent très limités sur la deuxième année : le volet sociologique ne s’enrichit pas et est quasiment absent (sauf peut-être à la marge sur la question de la justice sociale). Les changements apportés aux thématiques d’économie sont mineurs : par exemple sur le module 3, dont l’axe 3.3 porte sur l’intégration européenne, le programme précise “On abordera la question de l’Europe sociale à travers les instruments de coordination et d’harmonisation  déjà mis en place en matière d’emploi et de politiques sociales. On s’interrogera sur la nature du modèle social européen.” La formulation de cette dernière phrase s’éloigne un peu de la formulation précédente : “On montrera que le modèle social européen est un des grands enjeux de l’Europe” (programme de 2013).

 

Pour conclure

C’est donc un programme plus résolument économique qui est désormais proposé aux élèves de cette filière, ce qui différencie mieux ce parcours du cursus proposant Histoire Géographie et Géopolitique.

Les changements dans le programme, qui restent modestes, ne sont probablement pas de nature à révolutionner les épreuves des concours. Néanmoins, il semble désormais indispensable que les copies intègrent les apports théoriques de l’économie et de la sociologie.

A l’oral, des savoir-faire (explicitement au programme) peuvent faire l’objet de questions assez précises, notamment lors de la deuxième partie de l’épreuve, comme c’est déjà le cas aux oraux de l’ESCP.


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Analyse du programme de Mathématiques approfondies de la Prépa ECG 1ère année

Alain Combrouze, ancien élève de l’École normale supérieure de la rue d’Ulm et professeur en classe préparatoire à Saint-Louis et à Ipesup, analyse le nouveau programme de mathématiques approfondies 1ère année de la prépa ECG.

 

L’enseignement se répartit en deux semestres. Le premier est consacré à des situations plus directement accessibles, à partir des acquis des classes de première et de terminale.

Le second approfondit les notions et les généralise.

 

1) Enseignements du premier semestre

L’étudiant devra se familiariser raisonnablement, à travers des exemples de situations, avec le vocabulaire de la théorie des ensembles, de la logique, et les schémas classiques de raisonnements.

Les nombres complexes sont supprimés des programmes.

 

(i) En algèbre, le calcul matriciel, la résolution de systèmes linéaires, l’introduction des vecteurs et espaces vectoriels lui permettront de formaliser des problèmes simples à plusieurs dimensions.

 

(ii) En analyse, les propriétés élémentaires des nombres réels permettent de rendre plus rigoureuses les notions de limites pour les suites et les fonctions.

L’analyse fournit l’occasion de manipuler des inégalités et des passages à la limite, et donne à l’étudiant l’entrainement à un minimum de technique.

Les notions de continuité et de dérivabilité sont développées, et permettent de rendre rigoureuse la notion d’approximation.

L’intégration est menée en dehors de toute construction théorique, et utilisée notamment en probabilité.

 

(iii) En probabilité, le premier semestre consolide les connaissances de terminale sur les univers probabilisés finis.

Les notions de conditionnement et d’indépendance sont introduites dans des cadres simples, où il est toutefois déjà nécessaire de recourir à un calcul formalisé.

Les variables aléatoires sont des applications définies sur l’univers de l’expérience aléatoire et permettant une description plus souple des événements.

Les lois classiques vues pendant cette période sont la loi de Bernoulli, la loi binomiale et la loi uniforme.

 

2) Enseignements du second semestre

(i) En algèbre, les notions vectorielles et les structures associées sont approfondies et font l’objet de résultats utilisables par l’étudiant.

Ainsi, les notions d’espaces vectoriels, de sous-espaces vectoriels et d’applications linéaires sont -elles développées.

De même, le calcul matriciel est repris en liaison avec les notions vectorielles.

 

(ii) En analyse, les propriétés locales et asymptotiques des suites et des fonctions sont précisées.

Les dérivées d’ordres supérieurs, les développements limités des fonctions, les conditions d’extrema locaux sont étudiés.

De même, des propriétés de convexité sont énoncées. La notion de série, en lien avec les probabilités, est introduite.

 

(iii) En probabilité, les notions sont généralisées, et la notion d’univers probabilisé englobe le cas d’univers infinis.

La notion de variable aléatoire est étendue au cas des variables aléatoires discrètes.

La loi géométrique et la loi de Poisson sont introduites.

Les situations où interviennent deux variables aléatoires discrètes sont envisagées.

La loi faible des grands nombres et des cas simples de convergence en loi sont abordés.

En revanche, les variables aléatoires continues, à densité, font désormais partie du programme de deuxième année.

 

3) Enseignements d’informatique

Le langage Python remplace l’environnement Scilab.

Les connaissances exigibles concernent la syntaxe de base (affectations, tests booléens, boucles, fonctions mathématiques élémentaires), la connaissance de quelques commandes issues de librairies de tracés graphiques, de générations aléatoires, d’algèbre linéaire.

La programmation concerne les calculs approchés de limites, de racines d’équation, d’intégrales, et de résolution de systèmes linéaires.

Des simulations d’expériences aléatoires peuvent également être menées.

Ce programme poursuit la philosophie des précédents, en demandant aux étudiants de comprendre et de maîtriser un nombre raisonnable de notions dont l’utilité se révèlera dans leurs domaines d’activité à venir (économie, finance, gestion d’entreprise).

Il met l’accent sur l’appropriation de ces notions, qu’il faut rechercher, plus que sur l’accumulation de connaissances, et donne de nombreuses occasions de renforcer les savoir-faire et les techniques de calculs, indispensables pour une bonne efficacité en mathématiques.

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Stage intensif d’anglais ou cycle continu : que choisir ?

Lorsque l’on décide de soigner son anglais et quelle qu’en soit la raison – besoin de valider une certification pour un diplôme ou un job, besoin d’améliorer son niveau dans l’optique d’un concours ou tout simplement parce que l’on a envie de progresser et de pouvoir communiquer plus facilement dans un environnement international – on se pose immanquablement la question suivante : qu’est-ce qui sera le plus efficace ? Un stage intensif ou un cycle continu avec des cours réguliers ? 

La réponse diffère selon le niveau, l’investissement et la psychologie de l’apprenant. Certains, notamment les élèves les plus en difficultés en anglais, ont davantage de mal à se projeter et imaginer les incroyables progrès qu’ils peuvent faire en effectuant un stage de 50 heures d’anglais sur une dizaine de jours par exemple.

Il est donc essentiel pour les parents d’aider les jeunes dans cette démarche et de bien vérifier que le stage comporte des activités suffisamment variées pour susciter leur intérêt permanent, et qu’il est réalisé pendant ce stage un travail abouti qui donne un sentiment d’accomplissement. L’idée de travailler par séquences autour d’une thématique, avec des activités de compréhension orale et écrite liées qui sont suivies de travaux de production à l’oral et à l’écrit, semble donc tout à fait à-propos.

Lorsqu’il s’agit d’un stage de remise à niveau et d’approfondissement, en amont de stages de préparation de concours ou de certification, l’aspect ludique et créatif de l’enseignement devient capital. Trop de gens ont tendance à oublier que la créativité est un déclencheur d’apprentissage et qu’avoir des cours dans lesquels de bonnes conditions sont réunies – bien-être, humour, activités créatives – sera une garantie de progrès et souvent de motivation retrouvée pour apprendre une langue étrangère !

 

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Y-a-t-il donc une différence au niveau de l’impact des stages intensifs entre des élèves « forts » et des élèves « moins forts » ?

Il faut plutôt regarder ce qui se passe après le stage. Les élèves de bon niveau vont approfondir et surtout assez rapidement assimiler ce qui leur aura été enseigné. Pour les élèves d’un niveau moins avancé sur l’échelle européenne des niveaux de langues CERCL, il sera important ensuite de renforcer ces acquis par des cours réguliers (ou un autre stage pas trop éloigné du premier). Les élèves d’un niveau moins élevé risqueraient dans le cas contraire de perdre le bénéfice de leurs acquis qui ne sont pas encore suffisamment assimilés.

Et c’est donc une formule jalonnée de plusieurs stages intensifs (tous les 2 mois par exemple) ou de stages intensifs qui encadreraient un cycle continu (un stage pour débuter fort, des cours réguliers ensuite pour approfondir et assimiler, puis un stage de fin d’année pour finir en beauté) qui semble vraiment idéale pour cet apprentissage de l’anglais, même si l’on ne peut pas nier qu’un stage d’été d’une dizaine de jours, par exemple, a déjà un bel impact sur le niveau en anglais d’un apprenant.

Une formule de langues sans aucun moment intensif, telle qu’elle est parfois proposée, peut difficilement convenir lorsque l’on souhaite réellement booster le niveau d’un élève situé entre les niveaux A1 (débutant) et B1 (« lower-intermediate »), ce qui peut peut-être expliquer pourquoi, malgré des réformes successives, l’enseignement de l’anglais dans le secondaire, ne permet pas encore de relever un défi d’apprentissage pourtant devenu tellement essentiel dans le monde d’aujourd’hui.

Dernier point important, les séjours à l’étranger pour apprendre l’anglais, sauf avec des organismes particulièrement sérieux et rigoureux, se résument souvent à des cours d’anglais utilitaires sans véritable objectif autre que « se débrouiller » dans la rue, avec des élèves logés dans des familles avec d’autres étrangers et sans toujours pouvoir partager et échanger avec les hôtes. Ce type de summer session, qui peut être un facteur d’épanouissement personnel et d’ouverture au monde, ne peut pas se substituer à des cours de qualité avec des objectifs académiques précis et répertoriés.



L’oral d’admission de Sciences Po Paris, modifié avec la réforme du concours en 2021, obéit désormais à une nouvelle ritualisation au sein de laquelle est remis en selle le « commentaire d’image » déjà utilisé par le passé.

Les membres de la commission soumettront au candidat deux images d’actualité aussi bien que de la culture populaire ou du champ artistique. Le candidat aura quelques instants pour les observer et en choisir une. Il pourra alors expliquer son choix, décrire l’image, la mettre en contexte, l’interpréter … lors d’un échange de 10 à 15 minutes avec le jury sur les 30 minutes théoriques de l’oral. Le commentaire d’images vise à vérifier compétences de synthèse et d’analyse, capacités d’interprétation et d’argumentation. Mais c’est un exercice assez risqué, en réalité, qui, du point de vue des compétences, n’est pas moins discriminant que l’écrit.

Nous vous proposons de le découvrir ici, à travers un exemple de sujet.

 

Sciences Po Paris : Portrait officiel du Président de la République

 

blankImage n°78 : « Portrait officiel Président E. Macron »

 

Description 

Portrait officiel du Président de la République, Emmanuel MACRON. Une tradition républicaine qui remonte aux débuts de la troisième République. Ce portrait est signé Soazig de la MOISSONNIÈRE, photographe de la Présidence. Pris le samedi 24 juin en fin de journée à l’Elysée par sa photographe officielle Soazig de la Moissonnière, le cliché a été diffusé le 29 juin et a désormais vocation à être installé dans toutes les mairies de France. Le président pose debout en costume sombre, cravate bleue, les deux mains sur son bureau, contre lequel il s’appuie et sur lequel sont notamment disposés trois volumes de La Pléiade et une horloge. Les drapeaux français et européen l’entourent. Derrière le chef de l’État, une fenêtre ouverte donne sur le jardin de l’Élysée.

La mise en scène a été sérieusement étudiée :

  • Le bureau
  • La fenêtre ouverte
  • La légion d’honneur
  • Le duo de drapeaux
  • L’horloge à double cadran
  • Trois livres
  • Le coq dans l’iPhone

     

    Mise en contexte 

    Emmanuel MACRON est le huitième Président de la Vème République française. Il est le plus jeune président de l’histoire de la République française, âgé de 39 ans au début de son mandat.

    1. Charles de Gaulle : 8 janvier1959 – 28 avril 1969.

    Alain Poher, par intérim : 28 avril 1969 – 20 juin 1969. Il exerce les fonctions de président par intérim en raison de la démission de son prédécesseur.

    1. Georges Pompidou : 20 juin 1969 – 2 avril 1974 (décédé en cours de mandat).

    Alain Poher, nouvel intérim : 2 avril 1974 – 27 mai 1974, à la suite de la mort de Georges Pompidou.

    1. Valéry Giscard d’Estaing : 27 mai 1974 – 21 mai 1981.
    2. François Mitterrand : 21 mai1981 – 17mai1995.
    3. Jacques Chirac : 17 mai 1995 – 16 mai 2007.
    4. Nicolas Sarkozy : 16 mai 2007 – 15 mai 2012.
    5. François Hollande : 15 mai 2012 – 14 mai 2017.
    6. Emmanuel Macron : depuis le 14 mai 2017. Il est élu avec 66,10 % des suffrages exprimés au second tour de l’élection du 7 mai 2017 (face à Marine Le Pen) (25,44 % d’abstention).

    Fondateur du mouvement « En Marche ! », créé le 6 avril 2016, il l’a dirigé jusqu’à sa victoire à l’élection présidentielle le 7 mai 2017. Né en décembre 1977 à Amiens, dans la Somme, Emmanuel MACRON a étudié la philosophie et les affaires publiques avant d’intégrer l’Ecole Nationale d’Administration (ENA), dont il a été diplômé en 2004. Emmanuel MACRON a alors intégré l’Inspection Générale des Finances (IGF) où il a travaillé quatre ans avant de rejoindre le secteur bancaire. Il est devenu, en 2012, secrétaire général adjoint de la Présidence de la République. Il a quitté ses fonctions en juillet 2014 avant de devenir ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique d’août 2014 à août 2016.

     

    Interprétation : Pouvez-vous décrypter les principaux symboles du portrait ?

    Le bureau

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    Emmanuel Macron a décidé de faire sa photo officielle dans son bureau, appuyé contre la table. En choisissant son cadre de travail, la volonté de se montrer aux affaires est mise en évidence. Comme l’ensemble de ses prédécesseurs à l’exception de François Mitterrand, Emmanuel Macron a opté pour une pose debout, dans un environnement très vertical qui cadre avec la posture d’autorité que chaque président de la République veut incarner.

    Cette posture a-t-elle été empruntée à son Premier ministre ?

     

    La fenêtre ouverte

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    Mais le bureau d’Emmanuel Macron n’est pas fermé. Alors qu’on accuse les présidents de la République de se replier dans leur tour d’ivoire élyséenne, le chef de l’Etat entend montrer que sa présidence sera ouverte ; pas seulement sur les jardins mais aussi sur le monde. “La photo a été prise lors d’une chaude journée d’été”, tempère-t-on à l’Elysée.

     

    La Légion d’honneur

    Il en est le grand maître depuis son élection. A l’instar de Valéry Giscard-d’Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy ou François Hollande, Emmanuel Macron a choisi de la faire figurer de manière discrète sur le revers de sa veste. Charles de Gaulle et Georges Pompidou, avaient, eux, opté pour un très solennel collier de Grand maître de la Légion d’honneur autour du cou.

     

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    Le duo de drapeaux

    C’est une figure imposée depuis Nicolas Sarkozy. A côté du drapeau français doit désormais figurer le drapeau européen. Mais contrairement à François Hollande et Nicolas Sarkozy qui les avaient placés côte-à-côte, Emmanuel Macron a choisi de se placer au centre des deux, une position qu’il occupe aussi sur l’échiquier politique. Ils sont placés de manière parfaitement symétrique à sa droite (le tricolore) et à sa gauche (l’européen), comme s’il souhaitait être lui-même le trait d’union entre deux entités qu’il aimerait réconcilier durant son quinquennat. “C’est le sens de mon engagement. “La France ne peut pas réussir sans une Europe forte, et l’Europe ne peut pas avancer sans une France forte. Nous avons destin lié, c’est cela que cette photo dit”, a commenté l’intéressé lors d’un déplacement en Allemagne.

    L’horloge à double cadran

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    L’horloge à sa gauche représente le temps long, la fonction présidentielle. Durant sa campagne, Emmanuel Macron avait prévenu qu’il serait lemaître des horloges“. L’expression qui s’est imposée depuis son élection est parfaitement illustrée sur le portrait officiel par l’horloge à double cadran posée sur le bureau derrière son bras gauche ; il est 20h20,  l’heure à laquelle la photo a effectivement été prise. Emmanuel Macron confirme d’une certaine manière qu’il continuera à imprimer le tempo. Pour l’anecdote, il s’agit de l’horloge présente lors du conseil des ministres ; Christophe Castaner, alors porte-parole du gouvernement, avait reconnu qu’elle avait disparu lors des semaines précédant cette photographie, avant de faire sa réapparition après …

     

     

    Trois livres

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    Si Emmanuel Macron n’a pas fait le choix du cadre de la bibliothèque de l’Elysée pour la prise de vue, il a néanmoins placé des livres en évidence, afin de montrer qu’il s’inscrit ainsi dans une tradition de présidents lettrés ou amateurs de littérature. Mais quels sont donc ces trois livres disposés sur le bureau présidentiel ? Celui sur sa droite, ouvert à une page choisie par Emmanuel Macron, ce sont Les mémoires de guerre du général de Gaulle. En choisissant cet ouvrage du père de la Ve République, qui incarne une figure au-dessus des partis, Emmanuel Macron confirme sa volonté de s’inscrire dans une lignée trans-partisane qui bouscule le clivage gauche-droite.

    Sur sa gauche, figurent deux livres écrits par deux de ses écrivains préférés : Le rouge et le noir de Stendhal, un roman d’initiation qui retrace la trajectoire de Julien Sorel projeté dans un monde qu’il ne maîtrise pas et dont il doit apprendre tous les codes. Quant aux Nourritures terrestres d’André Gide, il est souvent présenté comme une œuvre célébrant la vie et le désir.

     

     

    Le coq dans l’iPhone

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    Il faut zoomer pour voir le coq -symbole de la France depuis l’époque gauloise (à la suite d’un jeu de mots, le terme latin gallus signifiant coq- se refléter dans l’un des deux iPhones d’Emmanuel Macron. Pour un responsable politique qui veut faire de la France “une smart-nation“, cet alliage entre tradition et modernité est là pour rappeler qu’il n’envisage pas de rompre avec les racines du pays.

    Story telling : Quels messages Emmanuel Macron a-t-il cherché à faire passer dans son portrait officiel ?(d’après la sémiologue Elodie Mielczareck) :

    L’image semble s’éloigner des précédents portraits. On est clairement sur des codes esthétiques, là où le prédécesseur d’Emmanuel Macron, François Hollande, avait choisi des codes plutôt réalistes avec Raymond Depardon, dont le portrait donnait l’impression d’une photo prise sur le vif.

    Puis vient la structure sous-jacente. Cette photographie est dichotomique : elle réunit l’ancien monde et le nouveau monde, comme Emmanuel Macron aime à les appeler. D’un côté on a la vieille horloge, le vieux téléphone et les livres et de l’autre l’iPhone.

    On voit à la fois l’intérieur du bureau et l’extérieur des jardins, là où ses prédécesseurs avaient choisi : l’intérieur du bureau pour François Mitterrand et Nicolas Sarkozy, quand François Hollande et Jacques Chirac avaient opté pour l’extérieur. Emmanuel Macron réunit les deux, ce qui est très congruent par rapport à sa ligne idéologique. Un résultat conforme au personnage et à l’image qu’il tente d’incarner depuis sa prise de fonction analyse Arnaud Mercier, professeur de communication politique. “On voit bien qu’il a essayé de trouver une pose et un cadrage qui combine à la fois, l’incarnation d’une photo présidentielle assez classique, et une volonté de renouveler le genre. C’est une forme de compromis qui lui ressemble bien”, résume-t-il.

     

    Critique :

    Pour la sémiologue Élodie Mielczareck, spécialisée dans la communication politique, le président “maîtrise les symboles” en usant des “codes de la publicité”.

    Sur les réseaux sociaux, ce portrait a été beaucoup comparé à celui de Barack Obama, êtes-vous d’accord ?

    Emmanuel Macron a une position centrale, alors qu’habituellement, on voit des présidents légèrement de trois-quarts. De plus, il esquisse un léger sourire et sa position est assez inhabituelle, presque assise sur son bureau.

     

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    Mais ce portrait est un peu plus recherché, avec beaucoup de références, là où celui d’Obama était plus classique. On pourrait penser cette photographie comme une sorte de vanité moderne, avec l’orfèvrerie qui représente la richesse, l’horloge qui représente la vacuité du temps qui s’écoule, le livre qui représente la connaissance ouverte… Les signaux religieux sont remplacés par des signaux républicains : les drapeaux.

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    Outre cette référence implicite qui date de la Renaissance, on trouve une référence plus moderne avec la mise en abyme devant la fenêtre ouverte : la photo est une ouverture sur le bureau qui est une ouverture sur les jardins. Ce sont des jeux qui ont été très utilisés par les surréalistes, comme Dali ou Magritte (ici, La décalcomanie, 1966, huile sur toile, 81 × 100 cm, Centre Pompidou).

    En quoi ce portrait reflète-t-il la stratégie de communication d’Emmanuel Macron ?

    C’est sur le compte Twitter du président qu’a été d’abord publié le cliché. “L’idée est de souligner l’un de ses marqueurs : il a un usage moderne des outils de communication, comme les réseaux sociaux numériques. Il sait très bien qu’en y publiant son portrait officiel, ça va faire le buzz et que l’engouement prendra tout seul”, explique Arnaud Mercier. Emmanuel Macron a compris qu’aujourd’hui, avec la génération Snapchat, l’image est bien plus opérante que les mots. Ici on est presque sur les codes de la publicité.

     

    Son portait officiel est une image très contrôlée, très travaillée. Chaque chose est à sa place. La symétrie dans la composition renvoie à sa position centrale. Cette photo, c’est l’art de la synthèse, qui combine des éléments de classicisme et de modernité. Emmanuel Macron maîtrise les symboles.

     

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    Sources :

    Actualités Sciences Po >

    A lire et regarder absolument :

    https://www.francetvinfo.fr/culture/arts-expos/photographie/tous-les-portraits-officiels-des-presidents-depuis-le-general-de-gaulle_3312635.html, et l’excellente analyse de l’émission Karambolage d’ARTE consacré à « la photo présidentielle », https://www.youtube.com/watch?v=x0ki-XTSzzM



    Prépa ECG : analyse du nouveau programme d’HGGMC

    Olivier Gomez, professeur en classe préparatoire économique et commerciale à l’IPESUP, analyse le nouveau programme d’HGGMC de la prépa ECG. 

    Publié au Bulletin officiel spécial du 11 février 2021 du ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le nouveau programme d’Histoire, Géographie et Géopolitique du Monde Contemporain (HGGMC) s’appliquera aux étudiants de la classe préparatoire économique et commerciale générale (ECG) à compter de septembre 2021. Fixant des objectifs en termes de compétences, de notions et de connaissances, les programmes scolaires et universitaires, révèlent, souvent en creux, des choix pédagogiques et épistémologiques plus ou moins en rupture avec ceux des programmes passés. La lecture de ces textes institutionnels est donc toujours instructive, tant pour les enseignants chargés de les mettre en œuvre que pour les étudiants ou les simples citoyens.

    Censé tenir compte des conséquences de la réforme du Lycée Général et Technologique mise en œuvre par le Ministère de l’Education Nationale, le nouveau programme d’HGGMC de la prépa ECG s’inscrit cependant davantage en continuité qu’en rupture avec le précédent programme de 2013, tant sur la forme que sur le fond.

    Les objectifs de cet enseignement sont précisés et plus explicitement formulés qu’en 2013 et la géopolitique est davantage mise en avant que l’histoire et la géographie. L’architecture et les thèmes des quatre modules semestriels sont conservés, leur structure interne étant toutefois fortement réorganisée. L’impact de la création d’une spécialité Histoire, Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques au Lycée sur le programme de classe préparatoire apparait relativement limité. Enfin, le nouveau programme rend compte des principales transformations géopolitiques intervenues depuis 2013.

     

    La géopolitique, un « fil directeur » au service de compétences explicitement formulées dans le nouveau programme d’HGGMC

    En 2021, le programme d’HGGMC s’adresse aux « futurs entrepreneurs » et non plus aux « futurs acteurs de l’économie », formulation plus large adoptée en 2013. Il s’agit d’utiliser les mots de l’époque. En 2021, on ne parle donc plus des « écoles de commerce et de gestion » mais des « écoles de management ».

    De façon moins anecdotique, il a semblé nécessaire aux concepteurs du nouveau programme d’HGGMC de justifier l’existence de cet enseignement en allant au-delà des objectifs « d’acquisition de repères essentiels pour la culture » qui figuraient dans le programme de 2013. Un nouveau paragraphe est spécifiquement consacré aux « compétences essentielles » qui sont travaillées en HGGMC depuis des années, mais qui sont désormais explicitement formulées : capacité à raisonner « à des échelles d’espace et de temps différentes », à « savoir poser une problématique et y répondre par une démonstration appropriée », à « comprendre les points de vue et les enjeux d’acteurs différents », à « pouvoir s’exprimer de manière efficace et rigoureuse à l’écrit et à l’oral » ou à « être un acteur critique du monde contemporain »… Ces différentes compétences sont toutefois posées sans hiérarchie, « l’initiation à la prospective » étant ainsi insérée sans raison entre la capacité à construire une démonstration et la capacité à s’exprimer de façon rigoureuse.

    Le nouveau programme d’HGGMC, s’il promeut de manière louable les sciences humaines, n’élude cependant par les « guerres de tranchée » opposant des disciplines faisant partie des humanités. En 2013, le programme proposait de « combiner », c’est-à-dire, au sens premier, « d’unir ensemble », les approches géographiques, historiques et géopolitiques. Désormais, il s’agit « d’articuler » ces disciplines qui doivent donc rester séparées. « L’hybridation », autre mot à la mode, des savoirs ne saurait en effet aboutir à « confondre leurs démarches respectives ».  A mots couverts, le nouveau programme d’HGGMC rend ici compte de débats épistémologiques mais aussi de la « lutte des places » entre des disciplines complémentaires mais aussi concurrentes.

    En 2021, c’est à l’évidence la géopolitique, promue en tant que « fil directeur » du programme qui l’emporte sur les matières vénérables que sont l’histoire et la géographie. Le nombre d’occurrences de ces dernières est quasiment identique dans le programme de 2013 et dans celui de 2021 (cinq à sept occurrences). Au contraire, deux autres termes connaissent une utilisation renforcée en 2021 : la géoéconomie, qui traduit la montée en puissance de l’arme économique dans la politique de puissance des Etats, est mentionnée cinq fois en 2013 et dix fois en 2021. Quant à la géopolitique, elle est citée vingt-cinq fois dans le programme de 2013… et trente-six fois dans le programme de 2021.

    Pour télécharger la figure 1, cliquer sur l’image ci-dessous :

     

    Article HGGMC

     

    Les nouveaux programmes du secondaire ont eu un impact limité sur l’HGGMC

    Depuis la rentrée 2019, les lycéens peuvent suivre en classe de Première et de Terminale une spécialité « Histoire, Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques » (HGGSP) où sont abordés plusieurs sujets du programme d’HGGMC de la classe préparatoire : la puissance, les frontières, les mers et les océans… Probablement pour ne pas désavantager les lycéens qui n’auraient pas suivi cette spécialité, le programme d’HGGMC reprend tous ces thèmes comme s’ils étaient nouveaux pour tous les préparationnaires.

    En dehors de quelques références sur la « capacité à s’exprimer à l’oral » ou sur le rôle des « opinions publiques » (un thème de spécialité en HGGSP), le programme d’HGGMC de la classe préparatoire semble d’ailleurs peu impacté par la réforme du lycée.

    L’un des points aveugles de cette réforme du lycée, qui n’a d’ailleurs suscité que très peu de débats, est le caractère encyclopédique tout autant qu’expéditif du programme d’histoire de tronc commun, notamment en Terminale. On peut rappeler à titre d’exemple que la période qui court de 1929 à 1945, dans le monde et en France, est désormais traitée en « 13 à 15 heures ». Durant ce laps de temps, les lycéens devront à la fois s’intéresser à la dépression des années 1930, à l’Estado Novo mis en place au Brésil par Getulio Vargas, au fonctionnement des régimes totalitaires en Europe, sans s’appesantir sur leur mode d’accession au pouvoir et à la Seconde guerre mondiale dans le monde et en France ! Ce temps contraint induit un très faible approfondissement des notions, des explications et des connaissances et un faible ancrage des connaissances par les lycéens. La réforme du lycée est donc peu susceptible de remédier au déficit chronique de maîtrise de l’histoire du XXe siècle des étudiants de première année de classe préparatoire.

     

    L’architecture générale du nouveau programme d’HGGMC est conservée mais sa structure est réorganisée

    La continuité du programme d’HGGMC de la classe préparatoire entre 2013 et 2021 concerne d’abord l’architecture générale des quatre modules semestriels qui reste identique. En première année, les étudiants travailleront à partir de 2021 comme depuis 2013 sur les mutations du monde « au XXe siècle » et non plus « depuis 1913 », puis sur la mondialisation contemporaine. La principale modification concerne la borne chronologique des « années 1990 », désormais supprimée, ce qui permet d’élargir les approches jusqu’à « nos jours ». La suppression de cette limitation temporelle était devenue indispensable au fil des années et n’appelle pas de commentaires.  De même, la deuxième année reste consacrée à l’étude géopolitique des grands ensembles régionaux du monde (Afrique, Asie, Amériques, Europe, Proche et Moyen-Orient). Par rapport au programme de 2013, l’Afrique est promue au rang de « continent » alors que l’Asie passe du statut de « continent multipolaire » à celui de « région multipolaire ».

    Au-delà des débats sémantiques, les concepteurs du programme en ont modifié de manière significative la structure interne (voir Figure 1 lien à télécharger). Les développements consacrés à la France ont ainsi été déplacés et regroupés à la fin du deuxième module de première année. Cela n’interdit bien évidemment pas de faire appel à des exemples relatifs à la France dans le premier module. Dans la même logique, le sous-module consacré aux transformations du monde après 1990 passe du second au premier module. Enfin, les séquences consacrées aux transformations de l’économie mondiale sont regroupées à la fin du premier module. Cette nouvelle organisation renforce la cohérence et la progressivité du programme de première année.

    Une autre innovation du programme de 2021 est de proposer des séquences introductives permettant de clarifier les concepts et les enjeux de chaque grande question abordée. C’est par exemple le cas pour la géopolitique et les relations internationales ou pour les relations entre croissance et développement, deux séquences judicieusement placées avant d’entamer l’approche historique du XXe siècle. Le programme de deuxième année porte la marque de cette volonté de clarifier les enjeux généraux avant d’aborder les questions particulières :  dans le quatrième module, la géopolitique des Amériques de la région asiatique est désormais abordée avant d’examiner les dynamiques des sous-ensembles régionaux (Amérique du nord, Amérique latine ; Chine et Inde). Cette approche n’est toutefois pas retenue pour le continent africain, ou pour le Proche et le Moyen-Orient dont l’étude géopolitique n’intervient qu’après avoir étudié les « cultures et les sociétés ». De manière quelque peu paradoxale, cette approche par les « cultures et les sociétés » a quasiment disparu pour les Amériques et l’Asie, où elle n’est mentionnée que dans le commentaire du programme. Son maintien dans le libellé de la séquence pour l’Afrique et le Proche et le Moyen Orient laisse entendre, en creux, que les dynamiques géopolitiques, y seraient davantage sous-tendues par les différences culturelles et sociales que dans les autres sous-ensembles régionaux.

     

    Le nouveau programme d’HGGMC de la prépa ECG prend en compte des évolutions géopolitiques récentes

    Les libellés des chapitres et séquences du programme montrent la volonté des concepteurs du programme de tenir compte des nouveaux thèmes étudiés par la recherche universitaire, mais également des transformations du monde intervenues depuis 2013.

    Le changement des perspectives de la recherche scientifique ou la volonté de relier les aspects historiques du programme aux problématiques du temps présent est perceptible à plusieurs reprises. Dans le premier module, par exemple, il ne s’agit plus seulement d’étudier « la montée des totalitarismes » dans les années 1930, mais plus précisément d’étudier « l’arrivée au pouvoir de régimes autoritaires et totalitaires ». Cette modification, qui peut probablement être reliée à l’attention renouvelée des sciences sociales pour l’analyse des « populismes », est bienvenue. Elle permettra d’approfondir et de clarifier des notions à peine survolées dans le tronc commun de l’enseignement secondaire (voir supra). Dans la partie consacrée à la croissance et au développement, la période de 1913 à 1945 fait désormais l’objet d’un examen spécifique, qui permet d’étudier de façon plus approfondie les rapports entre croissance et crises, entre croissance et guerres, ou les « replis protectionnistes ». Dans le même ordre d’idées, le premier module consacre plusieurs développements aux conflits du « second » XXe siècle et du début du XXIe siècle. Si le caractère « nouveau » des guerres irrégulières, des conflits asymétriques, des « guerres hybrides » et des « guerres sans limites » peut faire débat, leur examen en première année, désormais prévue par le programme, s’avère indispensable.

    A l’inverse, la disparition de certaines expressions ou séquences traduit le déclassement – ou le dépassement – de certaines questions. Le « tiers-monde », cité à deux reprises dans le programme de 2013 a disparu en 2021. Dans la même perspective, « la construction européenne et ses enjeux » disparaît du premier module. Le troisième module est certes entièrement consacré à l’Europe, mais celle-ci est désormais considérée comme « une tentative toujours renouvelée d’intégrations multiples visant à dépasser les fragmentations héritées et contemporaines au risque d’en susciter de nouvelles ». On mesure ici brutalement le changement de perspective relatif au projet européen entre deux programmes pourtant distants de moins d’une décennie…

    Le « reclassement des puissances » intervenu depuis la fin de la guerre froide est également perceptible dans l’évolution des libellés du programme : en deuxième année, le Japon, qui figurait encore dans le libellé d’une des séquences en 2013, est relégué dans le commentaire du programme de 2021 comme un « pays non cité », dont il faut cependant « souligner le rôle ». A l’inverse, l’Inde « puissance régionale et mondiale » en 2013, est promue dans le programme de 2021 au rang de « possible géant de demain ». Alors qu’en 2013, le rôle du Brésil devait être étudié dans ses « ambitions régionales et mondiales », il apparaît en 2021 davantage relégué aux initiatives d’intégration régionale. Le traitement des émergences en Amérique latine doit désormais mettre en évidence des « processus souvent éphémères, incomplets et émaillés de crises ». Quant à la Russie, reléguée en 2013 dans les commentaires du programme comme un Etat à traiter avec les « Etats non-membres de l’UE », elle fait désormais l’objet, avec « l’espace méditerranéen » d’une séquence spécifique dans le troisième module de deuxième année.

    Dans ses attendus, le programme d’HGGMC invite à « s’initier à la prospective et à ses limites ». La lecture des programmes de 2013 et de 2021 souligne à l’encan les difficultés de cet exercice. Quasi absent du programme de 2013 (en dehors d’une mention relative à « l’environnement »), le changement climatique fait son entrée dans le programme en 2021, trente-trois ans après la création du Groupe Intergouvernemental d’Experts sur le Climat (GIEC). Quant aux défis du développement durable, qui doivent être traités « sous l’angle géopolitique et géoéconomique », ils ne font plus l’objet d’aucune énumération là où le programme de 2013 invitait à s’intéresser explicitement à « l’alimentation », à « l’eau » ou… à la « santé », sujet devenu subitement d’intérêt mondial en 2020. Dernière surprise, la question des « inégalités », mentionnée explicitement à deux reprises dans le programme de 2013, a quasiment disparu du programme de 2021, que ce soit dans les libellés de chapitres ou dans les commentaires.

    La critique apparaîtra facile pour ceux qui sont chargés, dans des délais souvent contraints, d’élaborer des programmes scolaires ou universitaires, qui doivent être à la fois consensuels, synthétiques et exhaustifs. A l’impossible, nul n’est tenu et les limites de cet exercice de programmation sont connues. La lecture comparative et critique de ces documents institutionnels n’en reste pas moins un exercice salutaire, tant pour repérer les angles morts d’une formation, que pour construire un enseignement répondant pleinement à ses exigences.

    Pour télécharger l’ANNEXE – Comparaison des programmes 2013 et 2021cliquer sur l’image ci-dessous :

     

    Article HGGMC_Comparaison

     



    Bonne copie 2020 : ESH ESSEC

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    Bonne copie : ESH ESSEC

    “Le modèle social français est-il à bout de souffle ?” 

    L’économie est une épreuve importante en prépa HEC, pour les ECE comme pour ceux qui auront choisi cet électif en classe préparatoire ECG. Chaque école parisienne conçoit son propre sujet, chacune avec une approche différente : tandis qu’HEC et l’ESSEC ont tendance à proposer des intitulés plus historiques et transversaux, les sujets de l’ESCP sont souvent plus techniques.

    De même que pour la Culture générale (Lettres et Philosophie pour les élèves en ECG) et la Géopolitique, le contenu compte autant que le choix du plan et de l’articulation des arguments mise en place par le candidat. Il n’existe bien entendu pas de plan idéal ou de réponse parfaite au sujet, comme le rappelle ci-dessous le rapport de jury HEC 2018, néanmoins l’étudiant est évalué sur sa capacité à mettre en valeur des idées appuyées par des arguments étayés et correctement mis en forme.

    “Il n’y a jamais de plan type attendu par le jury, qui peut se satisfaire aussi bien d’un plan thématique que d’un plan historique pourvu qu’il soit cohérent et équilibré.” Jury Ecrit HEC, 2018. 

    Il est donc tout à fait possible d’illustrer ses idées aussi bien à l’écrit qu’à l’oral par des graphiques simples démontrant une compréhension des mécanismes économiques fondamentaux explicitement attendue par des correcteurs.

    Le travail au brouillon est généralement le moment le plus crucial des épreuves. Le travail de l’étudiant doit commencer par une définition méticuleuse du sujet grâce à des bornes temporelles et théoriques, un tri rapide des connaissances ainsi qu’un questionnement profond sur les acteurs économiques concernés par le problème posé.

    Il est recommandé de construire un plan en trois parties muni de transitions logiques, déjà préparées au brouillon afin de ne pas négliger un pan du sujet et d’insuffler une certaine dialectique à la copie.

    Il faut bien entendu éviter à tout prix de dresser un catalogue de connaissances plus ou moins vagues. Il vaut mieux réduire le nombre  de références mais citer correctement (auteur, nom et date de l’ouvrage) et développer autour d’elles des raisonnements plus longs et argumentés.

    Retrouvez en téléchargement gratuit une dissertation d’un de nos étudiants notée 19/20 à l’épreuve d’Économie, Sociologie et Histoire du monde contemporain en 2020. Lire une très bonne copie contribue souvent à passer un cap et peut être plus parlant que de lire une énième méthodologie. Retenez toutefois que cette copie ne doit pas être comprise comme un modèle universel, mais comme un exemple de propos extrêmement convaincant. Cela n’implique pas qu’une approche quelque peu différente soit fausse. Bonne lecture !

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