Entretien avec Tommy Rizo, étudiant en 4ème année à Sciences Po Paris et à HEC

 

Quel a été ton parcours de lycéen ?

J’ai effectué mon lycée à Notre Dame de la Providence à Vincennes, où j’ai suivi une scolarité en section scientifique. J’étais au début du lycée passionné par la biologie et pensais à médecine, bien loin de Sciences Po à ce moment-là.

 

Pourquoi t’es-tu orienté vers Sciences Po Paris ?

Le jeu des hasards et des rencontres. J’avais en première scientifique un professeur d’histoire qui venait de Sciences Po, qui a repéré mon intérêt pour l’histoire et la culture générale et qui n’a cessé de me répéter de passer le concours. J’ai fini par me renseigner sur cette école et plus je m’y suis intéressé, plus il m’a semblé que c’était une formation faite pour moi ! J’ai effectué un virage à 360° et j’ai passé toute la fin de ma première et ma terminale à préparer Sciences Po, je ne pensais plus qu’à cela.

 

Tommy Rizo est étudiant en 4ème année à Sciences Po Paris et HEC

Comment se passe ta vie en école ?

Encore mieux que ce que j’avais imaginé. J’espérais tellement pouvoir intégrer Sciences Po que je me rappellerai toujours la première fois que j’ai passé la grille du 27 rue Saint Guillaume. Les cours, les associations, le campus, les camarades de promotion, les conférences … Aucune chance de s’ennuyer. Je suivais aussi une licence de philosophie à Paris IV Sorbonne ce qui me laissait moins de temps disponible mais j’ai tout de même assisté à de nombreuses conférences et événements en plus des cours normaux.

 

Participes-tu à la vie associative de Sciences Po et d’HEC ? 

Lorsque je suis arrivé à Sciences Po, je me suis investi dans deux associations : Révolte-toi Sciences Po, association d’art oratoire, et Art-core, l’équipe de danse de l’école. J’ai pris la vice-présidence de Révolte-toi en deuxième année, puis la présidence de l’association en entrant en master. Il a été plus difficile de m’investir dans la vie associative d’HEC cette année car j’étais alors président de Révolte-toi Sciences Po, et ai dû partager mon temps entre les cours à HEC et les événements de l’association rue Saint Guillaume. J’ai tout de même animé des cours de danse tous niveaux sur le campus d’HEC durant l’année.

 

Ton cursus prévoie-t-il des stages ou des séjours à l’étranger ?

J’ai effectué deux stages durant mon collège universitaire, l’un au cabinet du Maire de ma ville, l’autre au Sénat comme collaborateur parlementaire. J’ai ensuite effectué ma troisième année à l’étranger au King’s College de Londres où j’ai pu étudier la stratégie militaire et la théorie politique. J’ai ensuite rejoint HEC en double diplôme avec Sciences Po, cursus qui prévoit deux stages de 6 mois. J’effectue actuellement le premier au sein d’un cabinet de conseil en stratégie.

 

Quel est ton cours préféré ?

Difficile de choisir, mais je dirais « Crime et châtiment », un cours formidable que j’ai pu suivre en deuxième année et enseigné par Hélène Bellanger, historienne spécialiste de la justice pénale. Ce cours mêle philosophie, histoire et droit, et s’intéresse à la théorie et à l’histoire de la justice pénale : comment les sociétés perçoivent-elles et définissent-elles le crime, comment y répondent-elles, quelles ont été les grands moments historiques d’évolution du droit pénal … autant de questions traitées pendant le semestre. Le cours commence par traiter le crime dans l’Antiquité puis au Moyen-Age, puis termine en s’intéressant aux grands procès pénaux de l’histoire moderne et invite les élèves à se rendre au tribunal pour suivre des audiences. Un cours passionnant qui invite à une réflexion sur la justice, le procès, le rôle du tribunal et de l’Etat et constitue une excellente illustration du « temple de la culture générale » qu’est Sciences Po.

 

Quel est ton professeur préféré ?

Sans hésiter Fréderic Gros, professeur de pensée politique à Sciences Po. Le cours suivi en première année du tronc commun intitulé « Soumission ou Révolte, le sujet politique en question » s’intéresse à la question de l’obéissance et de la désobéissance en politique, et pose la question de la limite de l’obéissance à l’ordre politique. Utilisant un corpus de texte de philosophie très varié allant de Machiavel à l’horreur moderne du totalitarisme, et s’appuyant sur des expériences de sociologie comportementale comme l’expérience de Milgram, Fréderic Gros essaie de faire réfléchir ses élèves à cette question centrale de l’obéissance ou de la désobéissance au pouvoir. Un professeur passionnant et passionné qu’il est impossible de ne pas écouter parler.

 

Le jardin de Sciences Po, lové entre le 27 de la rue Saint-Guillaume et la rue des Saints-Pères

 

Quelles sont à tes yeux les principales qualités de Sciences Po et d’HEC ?

La principale qualité de Sciences Po est selon moi l’offre de cours extrêmement diversifiée. En plus d’un tronc commun très généraliste qui permet d’avoir une vision d’ensemble de la société, le nombre incroyable d’électifs proposés (pas moins de 100 électifs différents en deuxième année) permet de s’intéresser à des sujets très spécifiques et variés, et permet à des étudiants de deuxième année de suivre deux années totalement différentes, certains étudiants n’ayant aucun cours en commun au sein de la même promotion. Une autre force de l’école est la qualité des intervenants, qui pour beaucoup ne sont pas des universitaires et viennent à Sciences Po donner une conférence une fois dans la semaine en plus de leur emploi. C’est ainsi que j’ai pu suivre les cours du DRH de l’Assemblée Nationale en histoire de l’État, du chef économiste d’une grande banque en macroéconomie, du conseiller finance du premier ministre en finance internationale et d’un député en droit constitutionnel.

HEC propose aussi de très nombreux électifs tout comme Sciences Po, mais a surtout un très solide tronc commun en gestion, finance et management. Le programme est assez intense, mais il permet réellement d’avoir une vision solide du secteur privé, du monde de la tech et de la finance en suivant ces cours. Enfin, tout comme à Sciences Po, de nombreuses personnalitées du monde politique et économique sont régulièrement invitées pour des conférences qui constituent un moment d’échange privilégié pour les étudiants. C’est ainsi que la rentrée solennelle de Sciences Po a donné la parole au Premier Ministre il y a deux ans, et que celle d’HEC a donné la parole cette année à Jean-Paul Agon, PDG de L’Oréal.

Enfin, les très nombreuses associations des deux écoles permettent une vie associative extrémement riche : les cours ne sont qu’un aspect de la vie étudiante dans ces deux écoles !

 

As-tu une anecdote à nous raconter sur ta vie en école ?

Je me rappelle de ma deuxième année à Sciences Po, où le tronc commun est moins lourd en volume horaire et où il est possible de choisir plus de cours électifs très diversifiés. J’avais cours jusqu’à 21h le Lundi (et oui parfois à Sciences Po on travaille tard), et mes deux derniers cours étaient très contrastés : alors que de 17h à 19h je suivais un cours d’« écoute de la musique romantique au 19ème siècle », qui consistait en l’écoute et l’analyse de nombreux morceaux, le cours suivant était un cours de finance internationale en anglais. Après deux heures passées à écouter Beethoven, arriver à 19h dans un cours sur les variations de la monnaie et la théorie des avantages comparatifs en anglais était une épreuve douloureuse !

 

Comment t’es-tu préparé aux concours ? 

Ipesup bien sûr. Sur les conseils de mon professeur d’histoire de l’époque qui m’avait orienté vers Ipesup, alors déjà premier dans la préparation à ce concours. Je me rappelle m’être décidé à préparer le concours réellement en Juin à la fin de mon année de première. J’ai envoyé mon dossier pour Ipesup juste avant le départ en vacances pour m’inscrire à l’année de préparation démarrant par un stage en août, et ai eu le sentiment d’être à la dernière limite pour commencer à préparer le concours. J’ai redoublé d’effort à Ipesup car j’étais avec des camarades préparant les épreuves parfois depuis plus d’un an, et cela a finalement payé.

 

En quoi a consisté ta préparation ?

J’ai suivi la préparation annuelle d’Ipesup, qui consistait en deux semaines de stage en août, puis des cours tous les samedis matin, trois concours blancs les dimanches, et enfin trois oraux de préparation à l’oral d’admission. Le samedi matin alternait des cours d’histoire, d’anglais, et l’option littérature et philosophie.

 

Qu’est-ce que ta préparation t’a apporté ?

Avant toute chose, de la rigueur et de la méthodologie. Je n’étais pas un mauvais élève mais j’avais un réel problème de méthodologie. Mes copies étaient intéressantes mais mal organisées, mal structurées, trop « brouillon ». A Ipesup j’ai appris la rigueur de la dissertation, et mes copies ont réellement gagné en qualité à chaque concours blanc, au point de finir au palmarès des meilleures copies d’histoire du concours de Sciences Po et copie de correction de l’épreuve. Ensuite ce fut aussi la culture générale, le cours de littérature et philosophie était une réelle leçon de vie !

 

Conseillerais-tu la prépa Sciences Po Paris d’Ipesup ?

Sans hésiter. J’y ai rencontré des professeurs brillants et des élèves aussi motivés que moi. Je me suis rendu compte lors de cette préparation à quel point je n’étais pas prêt du tout avant cela. Je n’aurais jamais pu réussir le concours sans ces longs mois de suivi et d’entrainement.

 

Quels sont tes projets ?

Vaste question, le problème de Sciences Po est qu’il y a parfois trop de choix. L’orientation en master est un grand débat, les carrières sont tellement diversifiées selon le choix de master. C’est encore plus large au sein du double diplôme Sciences Po-HEC où les débouchés des deux écoles s’ouvrent à nous … Il me reste encore deux ans pour y réfléchir intensément, et les deux stages dans le privé puis le public servent généralement à se décider.

 

As-tu un mot à adresser aux lycéens qui te lisent ? 

Ça vaut le coup ! Il est parfois difficile de se forcer à venir en cours le samedi matin et le dimanche quand la plupart de nos camarades se reposent. Pour beaucoup de mes amis, la Terminale était la dernière année de repos avant de devoir travailler intensément dans le supérieur, de rentrer en prépa, en médecine, en droit, ou la sélection est très rude et souvent sur plusieurs années. Travailler au maximum pendant l’année de Terminale pour un concours est difficile, il y a le bac en même temps en perpétuel horizon. Mais cela vaut le coup, réellement, sincèrement. Une fois reçu à Sciences Po, le stress de la sélection a disparu alors qu’il ne faisait que commencer pour mes camarades. On travaille à Sciences Po bien sûr, souvent beaucoup, mais il n’y a pas cette pression extrême de la part des professeurs, cette angoisse permanente des étudiants qui espèrent garder leur place l’année prochaine ou réussir leurs concours dans 2 ans. On a souvent tendance à prendre la terminale à la légère mais c’est souvent là que tout se joue !

J’ai découvert à Sciences Po tout ce que j’espérais trouver, et plus encore, et a posteriori je me félicite d’avoir autant travaillé pendant ma Terminale, suivi les cours le samedi, les concours le dimanche. Sincérement, ça vaut le coup !

 

Merci à toi Tommy d’avoir accepté cet entretien !

 

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